100 milliards de FCFA récoltés : bien plus qu’un chiffre, une prime à la transparence
Avec la réussite de son Offre Publique de Vente (OPV) sur la Banque Internationale pour l’Industrie et le Commerce (BIIC), le Bénin vient d’écrire une nouvelle page de son histoire économique. En cédant 33 % de ses parts, l’État a mobilisé 100 milliards de FCFA (165,6 millions $), en donnant aux investisseurs, physiques et institutionnels, l’opportunité de bénéficier des fruits de la croissance future de la BIIC.
Cette opération, la deuxième du genre en 2024 après celle de la Loterie Nationale, n’est pas une simple transaction financière. C’est un acte politique. En ouvrant le capital de la BIIC à des investisseurs privés – via 31 sociétés de gestion de la zone UEMOA –, le Bénin renforce la transparence de ses institutions et dynamise la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM). La BIIC y deviendra la 3ᵉ entreprise béninoise cotée, un signal fort pour attirer les capitaux régionaux et internationaux.
Née en 2020 de la fusion de deux banques, la BIIC incarne la résilience et l’ambition. Son résultat net a quadruplé en deux ans, passant de 5,7 à 27,2 milliards de FCFA entre 2021 et 2023. Ces chiffres reflètent une gestion rigoureuse et un ancrage solide dans l’économie réelle, notamment via le financement des PME et des projets industriels. Pour les investisseurs, c’est un gage de rentabilité et de contribution au développement national.
En cédant une partie de ses parts, le Bénin ne se désengage pas. Il optimise. Les fonds récoltés serviront à financer des projets structurants (infrastructures, énergie, santé) tout en associant le secteur privé à la gouvernance de la BIIC. Une manière intelligente de concilier intérêts publics et logique de marché.
Un succès collectif, une ambition panafricaine
Derrière cette OPV, on retrouve un écosystème financier régional en plein essor : EDC Investment Corporation (filiale d’Ecobank) comme chef de file, 31 SGI mobilisées de Dakar à Abidjan, et des investisseurs locaux de plus en plus actifs. Preuve que l’intégration économique ouest-africaine n’est pas un vain mot.
À l’heure où certains États africains peinent à restructurer le pôle public à travers des introductions en Bourse, le Bénin montre la voie .




