Intervenant ce mercredi 17 avril en marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington, le gouverneur de la Banque centrale du Nigéria (CBN), Olayemi Cardoso, a déclaré que ses équipes ne défendent pas le naira avec les réserves de change du pays. Des déclarations faites dans un contexte marqué par une baisse des réserves de change de la première économie du continent, et à une appréciation significative de la valeur du Naira par rapport au dollar américain sur le marché des changes, alimentant les spéculations selon lesquelles la banque faîtière injecterait des devises sur le marché pour éclipser la pression de la demande et renforcer la valeur de la monnaie locale.
En poste depuis septembre dernier, le gouverneur a fait savoir que la banque centrale entend poursuivre sa politique qui consiste à entretenir un marché des changes régi par le principe de la volonté des acheteurs et des vendeurs.
« Nous n’avons pas l’intention de défendre le Naira. Même si j’ai lu ces derniers jours certaines opinions sur ce qui s’est passé en termes de réduction de nos réserves, la banque centrale défendant le Naira, si vous réfléchissez à notre philosophie et à notre politique, vous verrez que ce sera contre-intuitif. Nous voulons que le Naira fonctionne de manière indépendante tant que nous disposons d’un marché des changes dynamique », a-t-il déclaré.
Les réserves de change ont chuté d’environ 2,16 milliards de dollars
« Le changement que vous voyez dans notre réserve n’est pas pour défendre le Naira, mais pour des choses comme le règlement des obligations arrivées à échéance. Attention, c’est la raison première pour laquelle nous conservons des réserves de change », a déclaré le gouverneur.
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En rappel, les réserves de change du Nigeria ont récemment chuté d’environ 2,16 milliards de dollars, pour atteindre 32,29 milliards de dollars au 15 avril 2024. Dans son intervention, Olayemi Cardoso a attribué cette situation à un phénomène courant dans la gestion des réserves de tout pays, ajoutant que de tels changements se produisent souvent lorsque les dettes arrivent à échéance ou que certains paiements doivent être effectués pour maintenir la crédibilité du pays.
‘Remontada‘
Pour sa part, le naira, la monnaie locale, s’est appréciée d‘une valeur de 1.900 unités pour un dollar américain plus tôt cette année, à environ 1.200 unités sur les marchés ces derniers jours. Ce qui fait suite à plusieurs mesures prises pour stabiliser le marché des changes et accroître la transparence des marchés. Parmi elles, le paiement de tous les arriérés de change « valables », principalement pour restaurer la confiance dans l’économie nigériane, l’interdiction faite aux banques commerciales d’utiliser des devises étrangères comme garantie pour les prêts en naira et la hausse de taux d’intérêt.
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« Fondamentalement, ce que nous encourageons, c’est que le marché ait des acheteurs et des vendeurs disposés à déterminer les prix, et en fin de compte, je perçois un avenir dans lequel la CBN n’aura pas besoin d’intervenir, sauf dans des circonstances très très inhabituelles », a lancé le gouverneur.




