Le 5 avril 2024, le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt) a inauguré la première unité de traitement en vase clos de l’or à Kana, une localité située dans la région aurifère de l’Est du Cameroun. Ce nouveau système a la capacité de traiter un maximum de 500 tonnes d’or par jour.
Les sociétés Codias, Yucam et Xin Wang ont été choisies pour expérimenter ce système qui vise, selon le Minmidt par intérim, Fuh Calistus Gentry, « l’amélioration du rendement de la production à plus de 90%, d’augmenter les réserves nationales et assurer une meilleure transparence de la production réelle ». Au-delà, le traitement de l’or en vase clos fait la part belle à la préservation de l’environnement. Bien plus, le gouvernement a cédé à la mise en place de ce système parce qu’il contribue à réduire voire annihiler l’accès des enfants aux sites miniers.
Pour rappel, et de manière générale, au Cameroun, des voix se sont toujours élevées contre les impacts du traitement de l’or à ciel ouvert qui favorise les micmacs dans les déclarations de production. Ainsi, en mai 2021, dans un rapport sur « l’exploitation aurifère illégale en Afrique centrale », Interpol indiquait que « de 2008 à 2017, selon le Cameroun, les exportations annuelles vers les Émirats arabes unis n’ont jamais dépassé 32 kg ». Or, en 2017, souligne l’organisation internationale de police criminelle, « pendant que les Émirats arabes unis reconnaissaient avoir importé 10,9 tonnes d’or du Cameroun, celui-ci ne déclarait que 4 kg d’or exportés vers ce pays du Moyen-Orient ».
Bien avant le Cradec et Interpol, en 2010 déjà, selon Paul Ntep Gwet, le coordonnateur du Cadre d’appui et de promotion de l’artisanat minier (Capam), structure dont la Société nationale des mines (Sonamines) a repris les actifs, « 90% des 100 Kg d’or produits au Cameroun chaque mois sont canalisés dans les circuits des trafiquants ». Soit des pertes de l’ordre de 37,8 milliards de FCFA par an à 35.000 FCFA le gramme d’or.
Réactualisant ses données, dans un rapport de mission d’avril 2016, le Capam révélait que, du fait des fausses déclarations de productions dont se rendaient complices ses personnels, l’Etat enregistrait des pertes d’environ 12 milliards de FCFA par an dans les seuls sites miniers de la région de l’Est.




