La Chine dans l’expectative
Sur le London Metal Exchange (LME), le cuivre pour livraison trois mois s’est négocié à 9 427 $/tonne les 8 et 9 avril 2024, atteignant ainsi son plus haut niveau en quatorze mois. Cette augmentation des cours ravit les principaux producteurs africains, à savoir la République Démocratique du Congo (RDC) et la Zambie et suscite un intérêt particulier de la part de la Chine, premier client de ces deux pays, engagé dans une course stratégique vers les métaux de la transition.
Contrairement au cacao, sujet à une spéculation en bulle, la hausse du cuivre est soutenue par des fondamentaux économiques solides. Le rebond de l’activité manufacturière en Chine en mars, conjugué à la reprise du secteur industriel américain, est l’un des principaux moteurs de cette tendance haussière. Les perspectives optimistes signalent un changement géo-économique majeur à court et moyen terme, notamment en ce qui concerne la demande chinoise, australienne, allemande et américaine.
Du côté de l’offre, la raréfaction se fait sentir en Chine en raison de plusieurs facteurs tels que l’augmentation des prix des intrants, la diminution de la teneur en minerai et les perturbations météorologiques. Les fonderies chinoises, confrontées à cette rareté, ont réduit leurs frais de traitement, ce qui a pratiquement annulé les frais de traitement et d’affinage. De plus, la perspective d’une baisse des taux d’intérêt aux États-Unis, prévue pour bientôt, stimule également la demande en cuivre. En tant que principaux producteurs de cuivre sur le continent, la RDC et la Zambie ont connu une forte augmentation des commandes de ce minerai, en particulier en raison de la promotion des véhicules électriques dans le monde. Fort de respectivement 1,2 million et 800 000 tonnes de cuivre produites annuellement, les deux pays se classent au 5e et au 7e rang mondial, représentant environ 11 % du marché global.
Le cuivre africain est rarement exporté sous sa forme brute, car la RDC et la Zambie disposent de capacités importantes de fonderie. La hausse des cours actuels ouvre des perspectives de croissance économique prometteuses pour ces deux pays, encourageant ainsi la réflexion sur l’industrialisation du secteur minier. Le cuivre est devenu un métal indispensable dans les sociétés modernes en raison de ses multiples propriétés, telles que sa conductivité thermique et électrique, ainsi que sa résistance à la corrosion. Il est largement utilisé dans divers domaines tels que les câbles électriques, la plomberie, les équipements électroniques et les véhicules électriques. Sa demande devrait augmenter davantage avec la transition énergétique.
La Chine domine largement les activités de raffinage du cuivre, représentant 39 % du total mondial en 2018. Elle est également le principal consommateur de cuivre raffiné depuis 2004. Pour sécuriser ses approvisionnements, l’Empire du Milieu a développé des stratégies économiques et commerciales agressives, notamment à travers l’initiative des nouvelles routes de la soie. Bien que la RDC et la Zambie se positionnent stratégiquement sur le marché mondial du cuivre, elles ne contrôlent pas encore le marché. La hausse des cours offre des opportunités économiques, mais les défis persistent, notamment en termes de gestion des recettes et de développement industriel. Pour réussir leur transformation économique, ces deux pays doivent innover à tous les niveaux et renforcer leur capital humain, social et intellectuel. L’industrialisation du secteur minier est essentielle pour assurer une croissance inclusive et durable.




