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La BEAC face au dilemme du marché : réduire ou injecter de la liquidité ?

Dans les coulisses de la politique monétaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), dirigée depuis février 2024 par le Centrafricain Yvon Sana Bangui, se trouve à un carrefour décisif. Son objectif de ponctionner 230 milliards de FCFA aux banques soulève un débat critique…

Dans les coulisses de la politique monétaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), dirigée depuis février 2024 par le Centrafricain Yvon Sana Bangui, se trouve à un carrefour décisif. Son objectif de ponctionner 230 milliards de FCFA aux banques soulève un débat critique sur la meilleure voie à suivre pour garantir la stabilité économique régionale. Le défi est de taille : combattre l’inflation monétaire sans entraver la croissance économique.

La stratégie de la BEAC repose sur un principe de base de la politique monétaire : réduire la quantité de monnaie en circulation pour diminuer la pression sur les prix. Cette approche, visant principalement à stabiliser les prix, pourrait néanmoins sacrifier la croissance économique, au moins à court terme. L’objectif ultime ? Préserver le pouvoir d’achat et soutenir la stabilité macroéconomique — des piliers essentiels pour le bien-être à long terme.

Cependant, cette politique monétaire est un véritable fil d’Ariane. D’un côté, elle vise à juguler l’inflation, mais de l’autre, elle risque de restreindre sévèrement l’accès au crédit pour les agents économiques, freinant ainsi l’investissement et la croissance. C’est là le dilemme classique : trouver l’équilibre entre lutte contre l’inflation et soutien à la croissance économique.

Les chiffres récents du marché témoignent de ce dilemme : une première opération, le 28 mars 2024, ambitionnait de retirer 50 milliards de FCFA du marché mais n’a réussi qu’à en prélever 15 milliards, avec une rémunération de 2,5%. Une deuxième opération, le 2 avril 2024, visait plus ambitieusement 230 milliards de FCFA mais n’a recueilli que 48 milliards, à un taux de 1,25%. Ces opérations d’open market révèlent une participation bancaire timide, peut-être révélatrice d’une réticence à libérer des liquidités dans un climat économique incertain ou d’offres de rémunération jugées insuffisantes.

La stratégie de la BEAC est-elle alors « gagnante » ? Préserver le pouvoir d’achat et la stabilité des prix est indéniablement vital, surtout dans une économie fortement dépendante des importations où l’inflation importée peut éroder rapidement le pouvoir d’achat. Néanmoins, restreindre l’accès au crédit pourrait inhiber la croissance, particulièrement critique pour une région en quête d’investissements significatifs pour son développement économique.

Si la croissance attendue de la CEMAC est de 3,6% en 2024 (le taux le plus élevé en dix ans), l’inflation elle, bien qu’en baisse, devrait se stabiliser à 5,5% contre un standard fixé à 3%.

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