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Burkina Faso : Salifou Traoré mise sur l’assurance inclusive et la digitalisation pour renforcer la résilience économique

Dans un Burkina Faso confronté à un environnement sécuritaire et économique particulièrement exigeant, le secteur des assurances adapte progressivement son modèle afin de continuer à protéger les entreprises, les ménages et les investissements. Pour Salifou Traoré, président de l’Association Professionnelle des Sociétés d’Assurance du Burkina (APSAB) et directeur général de SanlamAllianz Burkina, l’avenir de l’industrie…

Dans un Burkina Faso confronté à un environnement sécuritaire et économique particulièrement exigeant, le secteur des assurances adapte progressivement son modèle afin de continuer à protéger les entreprises, les ménages et les investissements. Pour Salifou Traoré, président de l’Association Professionnelle des Sociétés d’Assurance du Burkina (APSAB) et directeur général de SanlamAllianz Burkina, l’avenir de l’industrie passe par une combinaison de digitalisation, d’innovation et d’assurance inclusive.

Invité du plateau de Financial Afrik en marge des premiers États généraux de l’Assurance pour Tous organisés à Cotonou, le dirigeant burkinabè a dressé le tableau d’un secteur appelé à jouer un rôle croissant dans la résilience économique du pays.

Premier enseignement de l’entretien : la récente fusion entre Sanlam et Allianz constitue, selon lui, bien plus qu’un simple rapprochement capitalistique. L’opération a permis de conjuguer les standards internationaux d’Allianz avec la proximité du marché africain développée par Sanlam. Cette expérience de transformation, explique-t-il, offre un retour d’expérience précieux en matière d’optimisation des processus, de gouvernance et de gestion du changement, dont peut désormais bénéficier l’ensemble de la profession à travers l’APSAB.

Mais c’est surtout le contexte sécuritaire burkinabè qui impose aujourd’hui une profonde évolution des pratiques assurantielles. Dans certaines zones devenues difficiles d’accès, les réseaux traditionnels de distribution montrent leurs limites. Les compagnies sont ainsi contraintes de revoir leurs modes de commercialisation et d’accompagnement des assurés.

La réponse passe en grande partie par la digitalisation. Applications mobiles, services à distance et outils numériques deviennent des leviers essentiels pour maintenir le lien avec les assurés et atteindre des populations parfois isolées. Pour Salifou Traoré, cette évolution ne traduit pas un éloignement de la relation client mais, au contraire, une manière de rapprocher davantage l’assurance des consommateurs grâce aux nouveaux usages numériques.

Le dirigeant reconnaît néanmoins que cette transformation soulève de nouveaux défis, notamment en matière de cybersécurité et de protection des données personnelles. Ces risques doivent être maîtrisés afin que la confiance accompagne le développement des services digitaux. En contrepartie, la numérisation facilite la connaissance des clients (Know Your Customer – KYC), améliore la qualité des données disponibles et permet de concevoir des produits davantage adaptés aux besoins réels des assurés.

L’environnement sécuritaire favorise également l’émergence de nouvelles couvertures. Salifou Traoré cite notamment les garanties contre les risques de violence politique et de terrorisme (Political Violence and Terrorism – PVT), dont la demande progresse auprès des entreprises. Ces produits contribuent à sécuriser les investissements, à rassurer les partenaires financiers et à permettre aux opérateurs économiques de poursuivre leurs activités malgré un contexte difficile. Dans cette perspective, l’assurance apparaît comme un facteur de continuité économique autant qu’un mécanisme classique de transfert des risques.

Le président de l’APSAB rappelle également le poids économique croissant du secteur. Selon les chiffres qu’il avance, les sociétés d’assurance opérant au Burkina Faso ont injecté 572 milliards de FCFA dans l’économie nationale en 2024, notamment à travers leurs investissements financiers, dont les souscriptions aux titres publics. Ce rôle d’investisseur institutionnel renforce leur contribution au financement de l’économie au-delà de leur mission traditionnelle d’indemnisation.

L’enjeu demeure désormais d’étendre la couverture assurantielle jusqu’au « dernier kilomètre ». Pour y parvenir, Salifou Traoré mise sur le fort taux d’équipement en téléphones mobiles, estimé à près de 80 % de la population, qui constitue selon lui un puissant vecteur de diffusion de l’assurance inclusive auprès des populations les plus éloignées des centres urbains.

Enfin, le responsable burkinabè nourrit de fortes attentes vis-à-vis des États généraux de l’Assurance pour Tous organisés par la FANAF. Face à des défis communs mais exprimés avec des intensités différentes selon les pays, il estime que le partage d’expériences, l’innovation collective et l’émergence d’un Pacte africain de l’assurance inclusive permettront d’identifier des solutions adaptées aux réalités du continent. Pour lui, l’inclusion assurantielle constitue désormais le principal moteur de croissance du secteur africain, à condition de concilier innovation technologique, proximité avec les populations et capacité d’adaptation aux nouveaux risques.

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