Sur les 230 milliards de FCFA pour lesquels elle avait lancé, le 2 avril 2024, une opération de reprise de liquidité dans les banques commerciales des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) n’a pu lever que 48 milliards de FCFA, soit un taux de souscription de 20,87%. Selon les informations mises à disposition par la banque centrale à ce propos, cette somme a été prélevée dans un seul établissement de crédit contre une rémunération de 1,25%. Une performance considérée par les analystes financiers comme « un échec ».
Et ce n’est pas le seul. En effet, le 28 mars 2024, l’institut d’émission commun aux pays de la CEMAC avait déjà échoué à prélever 50 milliards de FCFA des caisses des banques, via une émission de bons BEAC à 14 jours de maturité, rémunérés à 2,5%. Il n’avait pu récolter que 15 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de la demande relativement faible d’un peu plus de 30%.
Après calcul, au terme de ces deux opérations, en une semaine, la BEAC a soulagé les banques commerciales de la CEMAC de 63 milliards de FCFA pour un taux de souscription de 24,28%.
Pour rappel, c’est pour, entre autres, combattre l’inflation d’origine monétaire de 20% dans la CEMAC que la BEAC a entrepris d’intensifier les opérations de reprise de liquidité dans les établissements de crédit de cet espace communautaire par émissions de ses bons. Mais aussi en relevant plusieurs fois ses taux directeurs afin de réduire le rythme de refinancement des banques commerciales, et en suspendant ses opérations d’injection de liquidité dans le système bancaire. En procédant ainsi, la banque centrale vise l’assèchement des banques et la restriction de l’accès des opérateurs économiques au crédit.
