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Tancée par Félix Tshisekedi, l’Union européenne condamne « le soutien du Rwanda au M23 »

C’est à travers un communiqué de presse publié le 4 mars 2024 que l’Union européenne (UE) s’est prononcé sur l’escalade des hostilités dans la partie Est de la RDC. Ce, au lendemain d’une pique lancée par le président Félix Tshisekedi de la RDC en lien avec un accord signé en février entre Kigali et l’organisation…

Paul Kagame, le président rwandais. Image : Reuters

C’est à travers un communiqué de presse publié le 4 mars 2024 que l’Union européenne (UE) s’est prononcé sur l’escalade des hostilités dans la partie Est de la RDC. Ce, au lendemain d’une pique lancée par le président Félix Tshisekedi de la RDC en lien avec un accord signé en février entre Kigali et l’organisation européenne.

En effet, l’UE déclare qu’elle condamne « le soutien du Rwanda au M23 et sa présence militaire sur le territoire congolais », et « exhorte vivement le Rwanda à retirer immédiatement l’ensemble de son personnel militaire de la RDC ainsi qu’à mettre fin à tout le soutien qu’il apporte au M23 et à cesser toute coopération avec celui-ci ». De même, l’organisation indique qu’elle exhorte la RDC et tous les acteurs régionaux à mettre fin à tout le soutien qu’ils apportent aux FDLR et à cesser toute coopération avec celles-ci, lesquelles trouvent leurs racines dans le génocide perpétré contre les Tutsis, et à faire de même à l’égard de tout autre groupe armé.

« L’UE réaffirme son soutien sans faille aux processus de Luanda et de Nairobi. Seule une solution politique, et non militaire, peut mettre un terme à cette crise: un dialogue inclusif doit pour ce faire être engagé entre la RDC et le Rwanda afin de s’attaquer aux causes profondes du conflit, en vue de mettre en œuvre les décisions prises dans le cadre des initiatives de paix régionales et de garantir le respect de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale de tous les pays de la région. Les feuilles de route existantes doivent être mises en œuvre; les mécanismes de vérification existants doivent être réactivés », lit-on dans le communiqué de presse.

Cette déclaration intervient au lendemain des piques lancées par Kinshasa à l’endroit de Bruxelles. En effet, c’est le 22 février dernier que le président de la RDC, Félix Tshisekedi, a critiqué un « protocole d’accord sur les chaînes de valeur durables pour les matières premières » signé lundi 19 entre l’Union européenne (UE) et le Rwanda.

« C’est comme si elle nous faisait la guerre par procuration »

« Quand vous achetez le produit d’un receleur, vous êtes vous-même coupable de vol », a déclaré le président de la RDC lors d’une conférence de presse. « Donc, l’Union européenne, j’espère, ne va pas jouer ce jeu-là », a-t-il renchéri, en affirmant que son pays allait « user de toutes les voies, diplomatiques et judiciaires, pour faire annuler ce “MoU” » [Memorandum of Understanding, NDLR], pour « empêcher cette ignominie ». Et d’ajouter que « tout le monde sait que le Rwanda n’a même pas un gramme de ces minerais dits “critiques” dans son sous-sol ».

« L’UE est très mal engagée, car c’est comme si elle nous faisait la guerre par procuration », a-t-il aussi déclaré.

En rappel, le gouvernement de la RDC accuse le Rwanda de vouloir faire main basse sur les ressources, minières notamment, de l’Est congolais, une des raisons pour lesquelles, selon lui, Kigali soutient la rébellion du M23, à l’offensive depuis plus de deux ans dans la province du Nord-Kivu, dont elle contrôle de larges territoires. Du côté du Rwanda voisin, l’on insiste qu’il s’agit d’un problème « entre Congolais ».

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