Par Maya Myral (Alger)
La 49e Conférence de l’Organisation des Assurances Africaines (OAA),qui se tient les 28 et 29 mai à Alger, s’annonce comme un véritable moteur de transformation pour l’industrie des assurances agricoles. Face aux médias, Youcef Benmicia, président de l’Union algérienne des sociétés d’assurance et de réassurance (UAR), met en avant le potentiel de croissance de l’assurance dans le secteur agricole en Afrique.
Cet important évènement «se penchera sur la proposition de solutions novatrices pour répondre aux défis du secteur agricole, mais aussi contribuer à façonner un avenir plus résilient et prospère pour l’assurance agricole en Afrique ». En chiffres, la branche agricole, représente moins de 4% du marché africain des assurances, évalué à 62 milliards de dollars.
Face à l’ampleur des catastrophes naturelles, les propositions de la Conférence de l’OAA, explique M. Benmicia, mettront l’accent sur l’impératif de «mettre en place de nouveaux dispositifs d’assurance adaptés pour assurer la sécurité alimentaire des pays du continent, en tenant compte de l’ampleur des calamités agricoles accentuée par les changements climatiques». Lui emboîtant le pas, Hassen Khelifati, président de la Commission communication sponsoring et protocole dudit événement, relève le «rôle crucial de l’assurance agricole dans la protection des revenus des agriculteurs, la promotion de la sécurité alimentaire et la stimulation du développement économique durable». Relever le défi de la sécurité alimentaire, explique l’orateur, «exige une vision audacieuse et une collaboration étroite entre les assureurs, les organismes de réglementation et les parties prenantes concernées».
Aussi, M. Khelifati a fait part des «changements majeurs souhaités, comme la révision du cadre global des assurances et réassurance». Pour mener à bon port cette démarche, trois conditions s’imposent : « renforcer la réforme locale, libérer les initiatives et aussi renforcer les volets techniques pour un redéploiement à l’international ».
Interrogé sur la situation du marché algérien, M. Khelifati, également PDG de la compagnie Alliance assurance, annonce que le secteur a enregistré un total de 150 milliards dinars de primes (environ 1,09 milliard de dollars), soit une hausse de 6 % par rapport à 2021. Toutefois, l’intégration de l’assurance demeure loin du compte et ne dépasse pas les 1% dans le PIB.
Notons que durant les deux jours de travaux, les participants se concentreront notamment sur les solutions de la micro-assurance qui revêtent un excellent potentiel garantissant une plus grande pénétration et une meilleure expansion des services d’assurance.
La session intitulée «L’évolution rapide du secteur des assurances en Afrique : l’importance croissante de la micro-assurance et des insurtechs pour la sécurité alimentaire », soulignent les organisateurs, permettra aux experts de mettre en évidence l’émergence de la micro-assurance et des technologies de l’assurance insurtechs en tant qu’outils clés pour améliorer l’accès aux services d’assurance agricole. Les discussions porteront également sur les opportunités et les défis liés à ces nouvelles approches, ainsi que sur le partage de cas de réussite dans l’utilisation de la technologie pour fournir des solutions de sécurité alimentaire adaptées aux besoins des agriculteurs.
La « lutte contre les risques du changement climatique sur la sécurité alimentaire : le rôle de l’assurance » sera également débattue. Les participants exploreront le lien entre le changement climatique et la sécurité alimentaire, en passant au peigne fin la manière dont l’assurance peut servir de mécanisme de protection contre les risques climatiques.




