Qatar Insurance Company (QIC), premier assureur du Qatar et l’un des plus grands acteurs du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, a enregistré un bénéfice net de 562 millions de riyals qataris (environ 154,4 millions de dollars) au terme des neuf premiers mois de 2026, en baisse de 4,3 % sur un an, selon un communiqué publié ce 28 octobre. Mais c’est bien du côté de l’Afrique que le groupe, fort de ces résultats, dit vouloir accélérer : en septembre, il a renforcé son partenariat avec Africa Speciality Risks (ASR) pour « s’étendre à travers l’Afrique et les marchés en développement », étendant ainsi sa franchise internationale.
Le chiffre d’affaires de l’activité d’assurance a progressé de 14 % sur la période, pour atteindre 7,4 milliards de riyals qataris (environ 2,03 milliards de dollars). Le groupe a absorbé les sinistres et les provisions liés au conflit régional — un conflit impliquant les États-Unis et l’Iran, décrit par QIC comme l’événement le plus significatif pour le marché de l’assurance en 2026 — tout en maintenant une croissance à deux chiffres de ses revenus d’assurance, conjuguée à la hausse des revenus de placements. Selon la compagnie, cette performance témoigne de la diversification de son portefeuille de souscription, de la solidité de son bilan et de ses réserves, ainsi que de la rigueur de son dispositif de gestion des risques.
L’Afrique, relais de croissance annoncé
Passé par la case du développement digital — lancement de QIC Market, une place de marché automobile opérée par sa filiale Anoud Technologies —, le groupe affiche désormais une ambition affirmée sur les marchés en développement, l’Afrique en tête, à travers le renforcement du partenariat avec ASR.
« Nous restons bien capitalisés et nous poursuivons nos priorités stratégiques comme prévu, du lancement de QIC Market et l’expansion continue de notre écosystème digital au renforcement de notre partenariat avec ASR à travers l’Afrique et les marchés en développement », a détaillé Salem Al Mannai, directeur général du groupe. « Notre cap reste inchangé : la qualité et la rentabilité de notre portefeuille tout au long du cycle. »
Des primes en hausse de 9 %
Les primes brutes émises de QIC ont augmenté de 9 % sur les neuf premiers mois de 2026, pour s’établir à 8,5 milliards de riyals qataris (environ 2,33 milliards de dollars). Cette évolution reflète la croissance sélective des portefeuilles nationaux, régionaux et internationaux du groupe, dans un marché mondial de la réassurance en repli — la tarification mondiale continue de se détendre aux renouvellements de janvier et de milieu d’année, les durcissements restant cantonnés aux lignes spécialités exposées à la guerre (branches maritimes de guerre, violence politique et risques énergétiques du Golfe).
Le résultat des services d’assurance s’est établi à 336 millions de riyals qataris (environ 92,3 millions de dollars), en baisse de 4,7 % sur un an. Ce recul, lié aux sinistres et aux provisions constituées dans le contexte du conflit géopolitique régional ainsi qu’à la hausse des coûts d’indemnisation, est toutefois moins marqué qu’au premier semestre 2026. L’impact du conflit s’est concentré sur les opérations internationales du groupe, principalement sur les lignes spécialités — garanties guerre, terrorisme et violence politique, ainsi que certaines branches maritimes. QIC souligne que, hors effets liés au conflit, la performance sous-jacente de ses activités de souscription est restée solide, et que ses expositions sont provisionnées sur une base actuarielle d’estimation meilleure.
Les revenus de placements progressent de 5,6 %
Les revenus de placements ont augmenté de 5,6 % pour atteindre 749 millions de riyals qataris (environ 205,7 millions de dollars). Cette performance intègre un gain exceptionnel issu de la cession, au cours de la période, d’une participation de 13,75 % dans Beema. Hors cet élément exceptionnel, les revenus de placements sont restés globalement stables par rapport à la même période de l’année précédente : les revenus du portefeuille obligataire ont compensé la baisse des rendements des participations régionales du groupe. Le rendement des placements s’est établi à 5,6 %.
Un bénéfice net de 154,4 millions de dollars
Au 30 septembre 2026, le bénéfice net de QIC s’élevait à 562 millions de riyals qataris (environ 154,4 millions de dollars), dont 550 millions de riyals (environ 151,1 millions de dollars) attribuables aux actionnaires de la compagnie, en recul de 4 % sur un an. Le bénéfice par action s’est établi à 0,104 riyal qatari. La croissance des primes et des revenus de placements a permis de compenser en grande partie les pressions exercées sur les résultats de souscription par le conflit régional.
Le groupe aborde le dernier trimestre 2026 « avec une capitalisation et un bilan solides intacts », indique le communiqué, qui cite également la nomination de QIC comme « Assureur de l’année » pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord aux MENA II Awards 2026. Un signal, sans doute, que le groupe entend bien prolonger de l’autre rive de la Méditerranée, en Afrique.




