Trois faits majeurs alertent les analystes des questions économiques et suscitent des interrogations fondées sur une probable inflation mondiale.
Le premier fait est relatif aux communiqué du Vatican signé par le Pape François le 23 Août 2022 . En effet, le Pape ordonnait à toutes les entités affiliées au Vatican et aux ordres de l’église de transférer « Tous les fonds et actifs à la Banque du Vatican avant le 30 septembre ».
Dans ce communiqué, le Saint-Siège et les institutions liées au Saint-Siège qui sont détenteurs d’actifs financiers et de liquidités, sous quelque forme que ce soit, dans des institutions financières autres que l’IOR doivent en informer l’IOR et les lui transférer dès que possible dans les 30 jours à compter du 1er septembre 2022. » Pouvant-on lire dans le communiqué de l’Etat du Vatican.
Le second fait est relatif aux déclarations du ministre saoudien de l’énergie qui argue que l’Opep+ est prête à réduire son offre pour éviter une chute des cours du baril . Le ministre de l’énergie de l’Arabie saoudite s’inquiète du risque d’une chute des prix de l’or noir considérant que le marché est suffisamment approvisionné alors qu’un ralentissement de l’économie mondiale va peser sur la demande.
Réduire l’offre de pétrole, voici qui paraît paradoxal en pleine crise énergétique, alors même qu’il y a quelques semaines, le président Joe Biden s’était rendu en Arabie saoudite pour réclamer une augmentation de la production. C’est pourtant ce qu’envisage de faire l’Opep+ (partenariat qui réunit les pays exportateurs de pétrole, menés par l’Arabie saoudite et la Russie).
Le ministre de l’Energie saoudien, Abdelaziz ben Salmane, a ainsi confié à l’agence Bloomberg que l’Opep+ avait les moyens notamment de « réduire à tout moment sa production » pour faire face aux défis d’un marché pétrolier « tombé dans un cercle vicieux de faible liquidité et de volatilité extrême » qui « envoient des signaux erronés aux marchés à un moment où l’on a besoin le plus de clarté ».
Au début du mois d’août, l’Opep+ a convenu d’une augmentation quasi dérisoire de son offre pour le mois de septembre, de « 100.000 barils par jour », à comparer aux quelque 432.000 b/j puis 648.000 b/j fixés les mois précédents.
Enfin , ce dernier met en garde sur « le cercle vicieux » dans lequel est plongé le marché selon lui qui est « amplifié par un flux d’histoires infondées » portant sur « une destruction de la demande, des nouvelles sur un retour de grands volumes d’offre, et l’ambiguïté et l’incertitude sur les impacts potentiels des plafonds de prix, des embargos et des sanctions.»
Une critique à peine voilée à l’encontre des déclarations de responsables occidentaux, après l’embargo imposé sur le pétrole russe par les Etats-Unis, le Royaume uni et les pays européens, dans le cadre de sanctions.
Le troisième fait qui attire encore plus notre attention
sur la question inflationiste, ce sont les dernières déclarations du Directeur général adjoint du FMI . Selon ce dernier ,le Fonds monétaire international (FMI) s’attend à ce que l’économie américaine connaisse une forte inflation pendant encore au moins un an ou deux ans . “Je serais prudent quant à l’examen d’un seul point de données pour les États-Unis“, a déclaré Gita Gopinath, premier directeur général adjoint du FMI dans une interview accordée à Bloomberg vendredi à Jackson Hole.
Répondant à une préoccupation du journaliste de Bloomberg sur le fait de savoir si l’inflation mondiale a atteint un pic, elle a déclaré : “Je pense qu’il est trop tôt pour le dire. Oui, nous avons de l’inflation presque partout. Il y a des exceptions importantes, comme la Chine et le Japon, mais partout ailleurs nous avons des niveaux d’inflation élevés.” La responsable du FMI a ajouté , il y a des facteurs mondiaux comme les prix de l’énergie et les prix des denrées alimentaires qui sont à l’origine de l’inflation, mais il y a aussi des composantes plus rigides de l’inflation qui sont élevées.
Outre la responsabilité du FMI ,le même jour , le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, a souligné dans son discours annuel de Jackson Hole que la banque centrale utilisera ses outils “avec force” pour s’attaquer à l’inflation, qui reste proche de son niveau le plus élevé depuis plus de 40 ans. Il s’attend à ce que la Fed continue à augmenter les taux d’intérêt d’une manière qui causera une certaine douleur à l’économie américaine.
Les dernières données sur l’inflation des dépenses de consommation personnelle (PCE) ont été publiées vendredi. L’indice des prix PCE a montré une augmentation d’une année sur l’autre de 6,3 % en juillet, contre 6,8 % en juin. L’indice PCE est la mesure de l’inflation privilégiée par la Réserve fédérale.
La poussée inflationniste actuelle ne concerne pas uniquement les économies avancées. Elle s’observe également dans la plupart des marchés émergents et des économies en développement. Alors que ses causes varient d’un pays à l’autre, c’est finalement aux grandes banques centrales qu’il reviendra de résoudre le problème.
Le problème, qui a d’abord fait les grands titres aux États-Unis, est devenu un sujet central des discussions politiques dans de nombreuses autres économies avancées. Dans 15 des 34 pays classés dans la catégorie des économies avancées par les Perspectives de l’économie mondiale du FMI, l’inflation sur les 12 derniers mois était supérieure à 5 % en décembre 2021. Voici plus de vingt ans que l’on n’avait pas vu une envolée aussi soudaine, aussi généralisée et aussi élevée de l’inflation.
Au regard de tout ce qui précède, il sied de souligner que le monde n’est pas à l’abri d’une inflation généralisée.




