La production de coton a connu une baisse sensible au cours de la saison cotonnière 2021-2022 du fait des exportations illicites en direction du Nigeria voisin. En attendant la consolidation des données, la Société de développement de coton (SODECOTON) table sur une production de 329 000 tonnes contre 360 000 tonnes en 2020/2021, soit une baisse de 31 000 tonnes en glissement annuel et un déficit de 8,8% en valeur relative.
Malgré le renforcement des mesures de contrôle à la frontière entre les deux pays ayant permis de réduire le phénomène, des témoignages concordants laissent croire que plus de 70 000 tonnes de coton ont pu être illicitement exportés vers le Nigeria. N’eut été cette vente frauduleuse, non seulement les 370 000 tonnes de production annuelle prévues pour la saison 2021-2022 devraient être largement dépassées, mais la production nationale aurait pu atteindre au minimum 400 000 tonnes au terme de l’exercice sous revu.
Il est évident que ces ventes frauduleuses impactent négativement sur les revenus de la SODECOTON. Certaines sources proches du géant agro-industriel qui régule l’économie des trois régions septentrionale du pays redoutent une perte sèche qui pourrait s’élever autour de 9 milliards de FCFA (14 millions de dollars).
Pourtant, ces dernières années, l’Etat du Cameroun a multiplié des mesures incitatives non seulement pour accroître les rendements à travers la distribution des intrants et l’amélioration des techniques culturales, mais également à travers l’amélioration des revenus des 25 000 producteurs répertoriés. Il en est notamment de la hausse du prix de l’or blanc, puisque le rendement moyen en champ est passé de 880 kg/ha en 2010 pour se fixer à plus de 1 500 kg/ha actuellement, soit pratiquement le double du prix pratiqué en l’espace de dix ans.




