La question est sur les lèvres depuis quelques jours, et taraude les esprits dans les milieux économique et financier de la sous-région. Pressenti pour la reprise d’au moins une des deux banques publiques togolaises mises sur le marché et pour lesquelles l’Etat tarde à trouver (ou à valider) preneur, l’homme d’affaires burkinabé Mahamadou Bonkoungou vient de constituer, formellement le 29 juin 2021 à Lomé, une structure dénommée IB Holding, nourrissant ainsi la piste d’une réponse à l’affirmatif.
D’après la presse locale, la société a pour objet la prise de participations dans les entreprises du secteur bancaire, et la participation active à la conduite de la politique du groupe bancaire et à l’animation de ses filiales et succursales, entre autres. Elle est dotée d’un capital social de 30 milliards de FCFA divisé en 3 millions d’actions.
Actif au Togo à travers Ebomaf, sa société de BTP qui exécute depuis un an, deux marchés d’un montant cumulé de 214 milliards FCFA — le Togo a été d’ailleurs l’un des premiers pays hors Burkina Faso à lui confier des travaux—, Mahamadou Bonkoungou, président du conseil d’administration de IB Holding, a lancé les activités de IB Bank Djibouti en janvier 2021. Le patron de IB Bank Burkina Faso « serait bien partie pour reprendre la BTCI (Banque togolaise du commerce et de l’industrie) et lui donner un nouveau souffle », selon ‘La Nouvelle Tribune’, une parution locale.
Sur le marché depuis plusieurs années, l’Union togolaise de banque (UTB) et la BTCI sont en effet, à ce jour, les banques publiques qui restent à privatiser par l’Etat togolais, après la cession de la Banque togolaise de développement (BTD) à Orabank, et de la Banque internationale pour l’Afrique au Togo (BIA-Togo) au marocain Attijariwafa Bank il y a plus de 6 ans.
« Nous avons suspendu le processus de fusion parce que le coût de cette fusion était assez élevé, pour un peu plus de 54 milliards de FCFA. Pour le budget de l’Etat, c’était assez élevé, mais en même temps, ce qui n’était pas dit, c’est que nous devrions privatiser dans un délai d’un an, dans les discussions qui sont en cours avec nos partenaires », avait déclaré le ministre Sani Yaya en charge des Finances, dans un entretien exclusif accordé à Financial Afrik en mars 2019. Expliquant les mobiles d’un retournement de veste du gouvernement qui, entre temps, avait renoncé à l’option de vente.
« Nous avons donc préféré vendre en l’état tout de suite parce que le marché nous parait assez ouvert et porteur. Il y a quelques manifestations d’intérêt que nous ressentons », avait déclaré le ministre.
D’après nos sources, la privatisation des deux entités, ralentie par la Covid-19, devra se faire en un seul lot.




