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Cameroun : Le Français Eric Mansuy aux commandes d’ENEO (EDF se rapproche)

Depuis le 28 novembre 2019, le Conseil d’administration de la société Energy of Cameroon (ENEO), filiale du Groupe britannique Actis a confié les rênes de l’entreprise au Français Eric Mansuy en remplacement du Camerounais Joël Nana Kontchou après cinq ans de bail. Le nouveau Directeur général qui connaît la maison pour avoir occupé les fonctions…

Le conseil d’administration de la société Energy of Cameroon a jeté son dévolu sur un cadre du Groupe Electricité de France pour diriger la société chargée de production d’énergie électrique.

Depuis le 28 novembre 2019, le Conseil d’administration de la société Energy of Cameroon (ENEO), filiale du Groupe britannique Actis a confié les rênes de l’entreprise au Français Eric Mansuy en remplacement du Camerounais Joël Nana Kontchou après cinq ans de bail. Le nouveau Directeur général qui connaît la maison pour avoir occupé les fonctions de Directeur général adjoint (DGA) à Eneo depuis un an, est un cadre du Groupe Electricité de France (EDF) depuis plus de vingt-cinq ans qui revendique également une expérience africaine pour avoir été notamment Directeur de Projet international à Tambacounda au Sénégal il y a une douzaine d’années.

Habitué des hautes fonctions dans le domaine de l’énergie en particulier, ce diplômé de l’Institut national Polytechnique de Grenoble en Ingénierie électromécanique a également suivit un cursus de MBA à Montpellier Business School. Une expérience qu’il devra sans délai mettre au service des consommateurs qui attendent des mesures efficaces pour faire face aux coupures d’électricité et aux délestages. Des améliorations attendues d’autant que les changements au sein du top mangement de la société concessionnaire du service d’électricité au Cameroun interviennent dans un contexte marqué par des supputations insistantes sur le départ prochain du Fonds britannique Actis et son éventuel remplacement par EDF.

Après les américains, puis les britanniques, est-ce le tour des français ?

Malgré la prorogation du contrat de concession d’une durée de dix ans, soit à l’horizon 2032, Actis se plaindrait des difficultés à implémenter son cahier de charges à cause, entre autres, d’une dette estimée à plus de 130 milliards de FCFA dont une créance de plus de 100 milliards de FCFA envers l’Etat du Cameroun. Une dette apprend-on, accumulée depuis l’époque de l’ex Société nationale d’électricité du Cameroun (SONEL) rachetée il y a deux décennies par les Américains de AES Corporation (AES-Sonel), puis les Britanniques d’Actis qui pourraient se voir remplacés à leur tour par les Français d’EDF après seulement six années de concession.

Selon de fiables informations, EDF serrait intéressée par la reprise d’ENEO, les deux parties pourraient trouver un accord dans les prochains mois. Des changements de nature à conforter EDF dans le secteur de la production, de la distribution et de la commercialisation d’électricité au Cameroun. En effet, le Groupe français est l’un des pivots du projet de construction du barrage de Nachtigal sur le fleuve Sanaga d’une capacité de 420 Mégawatts (MW). Une infrastructure qui représentera près du tiers de la production d’électricité du pays qui se situe autour de 1400 MW.

De plus, EDF pourrait contrôler quasiment tout le secteur de la production, soit plus de 1200 MW sur un mix électrique de 1400 MW (puisque les énergies renouvelables représentent à peine 200 MW) si les tractations annoncées avec ENEO intègrent également le rachat des deux producteurs indépendants que sont la Kribi power development company (KPDC) et Dibamba power development company (DPDC), respectivement d’une puissance installée de 216 MW et 96 MW, contrôlées par Actis, à travers Globeleq Africa. Lorsqu’à cela on intègre le partenariat stratégique conclut en 2016 entre la Société nationale de transport d’électricité (SONATREL) et RTE International, filiale la RTE, le gestionnaire du réseau français de transport de l’électricité, tout laisse croire que le secteur de production de l’électricité risque de tomber dans l’escarcelle d’EDF.

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