Le président Denis Sassou Nguesso n’a pas finalement reçu le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, lors de la réunion de la zone franc qui s’est tenue les 12 et 13 avril à Brazzaville. L’argentier français s’est contenté d’un tête à tête avec son homologue congolais, Calixte Ganongo, ministre des Finances et du Budget.
Brazzaville espérait de l’argent frais pour éponger sa crise budgétaire dans le cadre de l’engagement de Yaoundé de décembre 2016 où la France avait promis 1 milliard d’euros aux pays de la zone. Mais entre temps, François Hollande s’est fait succéder par Emmanuel Macron à l’Elysée et Michel Sapin a été remplacé par Bruno le Maire à Bercy.
S’agissant du Congo, Paris conditionne le déblocage des 135 millions d’euros annoncés en marge de la rencontre à la conclusion d’un accord avec le FMI, lequel est en mission dans le pays jusqu’au 17 dans l’objectif de conclure un programme.
En raison d’un endettement estimé à 120% du PIB, le Congo est dans une situation critique, épicentre d’une zone CEMAC (Communauté des États de l’Afrique Centrale) en croissance de 0%, en contraste avec les 6% engrangés par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Les problèmes du sur-endettement et des déficits publics qui figurent en bonne place dans le communiqué final poussent certaines officines à agiter le spectre de la dévaluation. Sur la question, le ministre français a été clair devant ses pairs et les gouverneurs des banques centrales: «Il n’y aura pas de dévaluation» a-t-il martelé, étant d’avis que la monnaie commune aux huit États de l’Afrique de l’Ouest, 6 États de l’Afrique Centrale ainsi qu’aux Comores, n’est pas surévaluée.
Et de laisser entrevoir une possible réforme de la zone, en écho sans doute aux nombreuses critiques des économistes africains et notamment du courant incarné par le togolais Kako Nubukpo : «La zone franc est un héritage historique. Nous sommes prêts à la faire évoluer si les pays africains le souhaitent. Une même zone monétaire procure de la stabilité». En clair, Paris renvoie la balle des réformes à ses partenaires africains.



