Le marché sénégalais de l’assurance poursuit sa montée en puissance au sein de la zone CIMA (Conférence interafricaine des marchés d’assurances). En 2025, le chiffre d’affaires global du secteur a atteint 311 milliards de FCFA (environ 536,2 millions de dollars), contre 249 milliards de FCFA (429,3 millions de dollars) en 2022. Cette évolution traduit une croissance cumulée de près de 25 % sur trois ans, soit un taux de croissance annuel moyen de 7,7 %.
Grâce à cette progression, le Sénégal devient désormais le deuxième marché de l’assurance de l’espace CIMA, derrière la Côte d’Ivoire, devançant ainsi le Cameroun, qui occupait jusque-là cette position.
L’IARD reste le moteur du marché
L’assurance dommages (IARD) demeure le principal moteur du secteur, avec un volume de primes de 187,5 milliards de FCFA (323,3 millions de dollars), représentant près des deux tiers de l’activité du marché. Cette branche couvre notamment les risques liés à l’automobile, aux incendies, aux responsabilités civiles, à la santé, aux transports, ainsi qu’aux grands projets miniers, énergétiques et d’infrastructures.
L’assurance vie affiche également une dynamique soutenue, avec un chiffre d’affaires de 123,7 milliards de FCFA (213,3 millions de dollars). Cette croissance est portée par le développement des produits d’épargne, de prévoyance et de retraite. Elle reflète l’intérêt croissant des ménages sénégalais pour la constitution d’une épargne de long terme et la protection financière de leurs proches.
Une solidité financière confirmée
En 2024, le marché sénégalais des assurances a conservé une situation financière robuste. Les taux de couverture de la marge de solvabilité ont atteint 510 % dans la branche Dommages et 298 % dans la branche Vie et capitalisation, des niveaux largement supérieurs aux exigences réglementaires de la zone CIMA.
Les compagnies d’assurances ont versé 133 milliards de FCFA (229,3 millions de dollars) d’indemnités et de prestations à leurs assurés, contre 119 milliards de FCFA (205,2 millions de dollars) un an plus tôt, soit une hausse de 12 %. Ces ressources ont permis à des milliers de ménages et d’entreprises de faire face aux conséquences financières des accidents, des maladies, des départs à la retraite ou des décès.
Les primes collectées sont investies conformément aux dispositions du Code CIMA et contribuent au financement de l’économie nationale à travers les obligations d’État, les infrastructures, l’immobilier, les établissements financiers et les entreprises privées.
À ce titre, les compagnies d’assurances sénégalaises ont injecté 649,7 milliards de FCFA (1,12 milliard de dollars) dans l’économie nationale en 2024. Ce portefeuille comprenait notamment 165,3 milliards de FCFA (285 millions de dollars) investis en obligations et valeurs d’État, représentant 25,5 % des placements, ainsi que 272,5 milliards de FCFA (469,8 millions de dollars) déposés dans les établissements bancaires.
« Partenaires de choix de l’Etat »
Selon El Hadji Amar Kébé, président de la Fédération sénégalaise des sociétés d’assurances (FSSA), les assureurs figurent parmi les principaux investisseurs institutionnels du pays.
« Les assureurs font partie des premiers partenaires financiers de l’État. Chaque année, ils injectent des centaines de milliards de francs CFA dans l’économie à travers leurs placements. Lors des émissions obligataires, ils figurent parmi les premiers souscripteurs », a-t-il souligné.
Ces placements ont progressé de 10 % par rapport à l’exercice précédent. Cette mobilisation de l’épargne longue s’accompagne également d’une contribution fiscale croissante. Les compagnies ont versé 27,9 milliards de FCFA (48,1 millions de dollars) d’impôts et taxes en 2024, contre 24,1 milliards de FCFA (41,6 millions de dollars) en 2023, soit une hausse de 16,1 %.
Le pétrole, le gaz et les mines stimulent l’activité
Le président de la FSSA a également mis en avant l’impact positif du développement des secteurs pétrolier, gazier et minier sur le marché des assurances. Selon lui, les compagnies ont mis en place un pool pétrolier et gazier regroupant l’ensemble des assureurs opérant au Sénégal. Ce mécanisme permet de mutualiser la couverture des grands risques liés à l’exploitation des hydrocarbures et de renforcer la capacité du marché national à accompagner les projets stratégiques du pays.
« Lorsqu’un risque pétrolier ou gazier doit être couvert, c’est l’ensemble du pool qui intervient pour le compte de toutes les compagnies d’assurance. Cela témoigne à la fois d’une solidarité sectorielle et d’un partenariat solide avec l’État », a-t-il expliqué.
Le marché sénégalais de l’assurance repose aujourd’hui sur un tissu institutionnel dense composé de 27 compagnies d’assurances, dont 18 spécialisées en assurance dommages (IARD) et 9 en assurance vie. Parmi les acteurs spécialisés figurent notamment la Compagnie nationale d’assurance agricole du Sénégal (CNAAS), la Société nationale d’assurance du crédit et du cautionnement (SONAC), ainsi que trois sociétés mutuelles, dont une opérant dans la branche Vie.



