La Zambie accélère sa transition énergétique avec la mise en service d’une centrale solaire de 22 mégawatts, réalisée grâce à un investissement de 17,5 millions de dollars américains. Ce projet stratégique, désormais raccordé au réseau national, vise à renforcer la sécurité énergétique du pays, à réduire sa dépendance à l’hydroélectricité et à améliorer la résilience du système électrique, dans un contexte marqué par des déficits énergétiques récurrents et les effets croissants du changement climatique.
Mise en service le 24 mars 2026, cette infrastructure énergétique a été développée au sein du Collège de développement des ressources naturelles, en partenariat avec Kiyona Energy Limited et ZESCO Limited. Elle s’inscrit dans le programme gouvernemental visant à produire 1 000 mégawatts d’énergie renouvelable à travers les institutions publiques. En 2024, la capacité électrique installée du pays était estimée à 3 871 mégawatts, dont près de 82 % provenaient encore de l’hydroélectricité.
Au-delà du renforcement du réseau électrique national, cette infrastructure devrait également générer des économies substantielles. Selon les responsables du Collège de développement des ressources naturelles, l’institution consacrait auparavant près de 12 000 dollars américains par semaine à l’alimentation de ses installations au moyen de générateurs diesel. Le recours au solaire permettra désormais de réaffecter ces ressources financières à d’autres besoins prioritaires.
Cette mise en service intervient dans un contexte où l’accès à l’électricité progresse progressivement en Zambie. Le taux national d’électrification est passé de 44,6 % en 2020 à 51,1 % en 2023. Toutefois, les disparités demeurent importantes, notamment dans les zones rurales, où seulement 17,6 % de la population est raccordée au réseau électrique. Pour le gouvernement zambien, le développement du solaire apparaît désormais comme un levier majeur pour atteindre l’objectif d’accès universel à l’électricité d’ici 2030.
La centrale repose sur une infrastructure composée de 35 420 panneaux photovoltaïques, chacun doté d’une capacité de 650 watts, pour une puissance totale de 23,023 mégawatts en courant continu. Cette capacité supplémentaire devrait contribuer à stabiliser davantage l’approvisionnement énergétique national tout en réduisant la pression sur les infrastructures existantes.
Cette nouvelle centrale s’ajoute à une série d’investissements énergétiques engagés depuis 2025 pour diversifier le mix électrique national. Parmi les principaux projets figurent notamment Itimpi II, une centrale solaire de 136 mégawatts développée pour 125,8 millions de dollars américains, le projet Chisamba, d’une capacité de 100 mégawatts, financé à hauteur de 71,5 millions de dollars, ainsi que la centrale solaire de Siavonga, également de 100 mégawatts, dont le coût est estimé à 80 millions de dollars. À travers ces investissements, Lusaka cherche à bâtir un système énergétique plus diversifié, plus résilient et capable d’accompagner durablement la croissance économique du pays.



