La recrudescence des attaques xénophobes visant des ressortissants nigérians en Afrique du Sud a provoqué une vive onde de choc au sein de la classe politique nigériane, au point de fragiliser l’équilibre économique entre les deux principales puissances du continent. Face à cette crise, Adams Oshiomhole, sénateur représentant la circonscription d’Edo Nord, a plaidé, mardi 5 mai, pour une riposte radicale : la révocation des licences d’exploitation des grandes entreprises sud-africaines implantées au Nigeria. Cette proposition vise notamment des groupes stratégiques comme MTN et DSTV, emblèmes de la présence commerciale sud-africaine dans le pays.
Cette montée de tension s’inscrit dans un climat institutionnel déjà fortement dégradé. La Chambre des représentants a en effet condamné officiellement cette nouvelle vague de violences et exhorte désormais le gouvernement fédéral à aller au-delà des protestations de principe, en adoptant des mesures diplomatiques concrètes ainsi que des dispositifs immédiats de protection. Pour le sénateur Oshiomhole, le temps de la compassion passive est révolu : il appelle le Sénat à substituer l’action aux condoléances, marquant ainsi une rupture nette avec les réflexes diplomatiques traditionnels.
Au cœur de son argumentation figure le principe de réciprocité, qu’il présente comme un fondement essentiel des relations internationales. En qualifiant la situation de « lutte économique », l’élu estime que la diplomatie nigériane doit opposer une fermeté proportionnelle aux violences subies. « Si vous me frappez, je vous frapperai », a-t-il lancé en séance plénière, défendant l’idée qu’un État ne saurait demeurer passif lorsque ses citoyens sont pris pour cibles à l’étranger, tandis que les entreprises du pays incriminé continuent de prospérer sur son territoire.
Le sénateur a également évoqué la nationalisation de MTN, dénonçant le contraste saisissant entre les profits considérables rapatriés quotidiennement par l’opérateur et l’hostilité à laquelle les Nigérians seraient confrontés en Afrique du Sud. Dans cette logique, le retrait de la licence de MTN ne constituerait pas seulement une sanction symbolique, mais un acte de souveraineté économique. À travers cette posture offensive, il entend faire des intérêts financiers sud-africains au Nigeria un levier de pression destiné à garantir la sécurité et la dignité des membres de la diaspora nigériane.


