Ce 21 mars restera un jour historique. Kigali donne une nouvelle impulsion aux relations économiques et commerciales inter-africaines.
Ni le gel tardif du Nigeria, le pessimisme de l’Afrique du Sud, le boycott du Burundi, les petits calculs de la Namibie, l’anachronisme de l’Erythrée, la frilosité de la Sierra Leone, encore moins, les réserves du Bénin n’ont empêché l’Union Africaine de signer le traité instituant la Zone de libre échange continental.
Trois accords ont été signés mercredi à Kigali par 44 pays. Ces trois accords portent sur la zone de libre-échange, le protocole de libre circulation des personnes sur le continent et la « déclaration de Kigali », déclaration solennelle de fin de sommet.
Ce projet devrait rassembler les pays membres de l’Union africaine qui auront un marché unique de plus d’un milliard de personnes et représentant un PIB de plus de 3 400 milliards de dollars.
La ZLEC qui entrera en vigueur dés la ratification de 22 pays est la première étape d’un processus qui doit aboutir dans dix ans à la création d’un marché unique africain. A noter que l’Afrique du Sud a prolongé les discussions, exigeant de relever le taux minimal de ratification à la majorité des deux tiers.
Pretoria reviendra à la charge en estimant que la date de janvier 2019 retenue pour l’entrée en vigueur de l’accord est trop juste. Les plus grosses réserves ont porté sur le protocole de libre- circulation. Seuls 27 pays africains ont signé ce protocole.
Le volontarisme du Maroc, de l’Egypte et de l’Algérie, trois poids lourds de l’économie africaine est à opposer au revirement du Nigeria, pays d’où est parti le traité d’Abuja promulgué en 1991 et visant à instaurer un marché commun continental.
Le prochain rendez-vous est prévu à Nouakchott en juillet 2018 pour un sommet qui devra certainement confirmer celui de Kigali et balayer les dernières hésitations de certains États.
Albert Savana



