Au terme du 4ème trimestre 2025, l’encours des crédits octroyés par les Institutions de microfinance (IMF) de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) s’est établi à 2 937,2 milliards de FCFA (5,286 milliards de dollars), selon les données de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) basée à Dakar.
Par rapport au 3ème trimestre 2025 où il s’établissait à 2 785,2 milliards de FCFA, cet encours enregistre une hausse de 6%. En glissement annuel, il a enregistré une progression de 9,0%. Selon les services de l’institut d’émission, la hausse trimestrielle de l’encours des crédits a été observée dans la quasi-totalité des pays de l’UMOA, notamment au Burkina (+41,2 milliards FCFA, +9,6%), en Côte d’Ivoire (+40,9 milliards FCFA, +5,7%), au Sénégal (+38,0 milliards FCFA, +4,7%), au Bénin (+21,9 milliards FCFA, +8,9%), au Togo (+11,1 milliards FCFA, +3,1%), au Mali (+224,4 millions FCFA, +0,1%) et en Guinée-Bissau (+25,0 millions FCFA, +181,3%). En revanche, une baisse est notée au Niger (-1,4 milliard FCFA, -10,8%).
« Les crédits accordés par les IMF sont constitués à 45,8% de concours à court terme », souligne la BCEAO. Les prêts à moyen et long terme représentent respectivement 35,6% et 18,6% du total de l’encours des crédits à fin décembre 2025.
Les données de la Banque Centrale indiquent que la clientèle masculine des IMF a bénéficié de 48,1% des crédits, tandis que les femmes et les groupements ont respectivement reçu 31,5% et 20,4% des concours accordés. « Le montant moyen des crédits octroyés par client est ressorti à 144.135 FCFA à fin décembre 2025, en hausse par rapport au trimestre précédent (+4,5%), en lien avec l’augmentation des crédits (+5,5%) plus rapide que celles du nombre des clients (+0,9%) », note la BCEAO.
En glissement annuel, une hausse de 2,3% est également enregistrée sur cet indicateur.
Selon toujours l’institut d’émission, l’encours des crédits octroyés par le secteur de la microfinance au 31 décembre 2025 représente 7,6% de celui des établissements de crédit de l’UMOA, après 7,5% au trimestre précédent.
Une amélioration est notée concernant la qualité du portefeuille de crédits des IMF durant la période sous revue. La raison est liée à la baisse des créances en souffrance de -68,2 milliards de FCFA en valeur absolue et -23,7% en valeur relative. Le montant des créances en souffrance est ainsi passé de 287,2 milliards de FCFA en septembre 2025 à 219,0 milliards de FCFA en décembre 2025. Quant au taux brut de dégradation du portefeuille des IMF, il est ressorti à 7,5% à fin décembre 2025, après 10,3% au 3ème trimestre 2025. Ce taux était estimé à 8,9%, un an plus tôt.
Concernant l’encours des dépôts collectés par les IMF, il s’est accru de 58,4 milliards de FCFA, soit +2,1% en valeur relative par rapport au trimestre précédent, pour s’établir à 2.793,1 milliards de FCFA contre 2 734,7 à fin septembre 2025. En glissement annuel, il est noté une augmentation de 13,6%. Il ressort des données de la BCEAO une hausse trimestrielle des dépôts en Côte d’Ivoire (+41,7 milliards FCFA, +6,1%), au Burkina Faso (+23,3 milliards FCFA, +4,3%), au Sénégal (+10,8 milliards FCFA, +1,7%) et au Togo (+209,3 millions FCFA, +0,05%). En revanche, une baisse est notée au Bénin (-15,9 milliards FCFA, -7,7%), au Mali (-1,4 milliard FCFA, -0,7%), au Niger (-348,7 millions FCFA, -1,3%) et en Guinée-Bissau (-2,1 millions FCFA, -8,4%).
« L’épargne mobilisée par les IMF a été constituée à hauteur de 47,3% par les hommes, 24,2% par les femmes et 28,5% par les groupements », souligne la BCEAO. S’agissant de leur structure par terme, les dépôts à vue sont prépondérants, avec une part de 55,5%, tandis que les dépôts à terme et les autres dépôts représentent respectivement 22,7% et 21,8%. Le montant moyen des dépôts par client est ressorti à 137.062 FCFA à fin décembre 2025, en hausse par rapport au trimestre précédent (+1,2%), reflétant une augmentation plus rapide des dépôts (+2,1%) par rapport au nombre des clients (+0,9%). En glissement annuel, le montant moyen de l’encours des dépôts a également progressé de 6,6%.
« A fin décembre 2025, l’épargne mobilisée par le secteur de la microfinance de l’UMOA représente 5,1% de celle collectée par les établissements de crédit de l’Union, après 5,4% au trimestre précédent », souligne la BCEAO.
A fin décembre 2025, le nombre d’IMF dans l’UMOA s’établissait à 524 contre 527 au 3ème trimestre 2025. Selon les services de la BCEAO, les IMF de l’Union desservent 20.378.232 clients, à travers un réseau de 4.838 points de services répartis dans les huit Etats membres de l’Union.
« Une année plus tôt, note encore la BCEAO, le nombre de bénéficiaires était de 19.121.754 pour 4.761 points de services, soit une augmentation de 6,6% et 1,6% en glissement annuelle. A l’examen des indicateurs d’intermédiation financière, la dynamique de croissance des activités des IMF, en matière d’ouverture de comptes, de collecte de dépôts et d’octroi de crédits à la clientèle, s’est poursuivie au cours du trimestre sous revue.
Il ressort des données de l’institut d’émission qu’à fin décembre 2025, 8 IMF étaient sous administration provisoire contre 10 au 3ème trimestre 2025. Ces structures sont réparties comme suit : 2 au Bénin, 1 au Burkina, 1 en Côte d’Ivoire, 1 au Mali, 2 au Niger et 1 au Togo. Un an plus tôt, le nombre de structures sous administration provisoire s’établissait à 9. Au total, la dynamique positive de l’évolution des indicateurs d’activités des IMF s’est poursuivie au quatrième trimestre de l’année 2025. « Toutefois, souligne encore la BCEAO, la gestion du risque de crédit demeure l’un des principaux défis pour consolider les acquis du secteur. »



