Au terme de l’exercice 2024, les banques de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) ont réalisé un bénéfice net global de 1 105,3 milliards de FCFA (1,989 milliard de dollars), selon le rapport annuel 2024 de la Commission Bancaire, l’organe communautaire de supervision des banques basée à Abidjan.
Par rapport à l’exercice 2023 où il s’établissait à 989,7 milliards de FCFA (1,781 milliard de dollars), ce bénéfice enregistre une hausse de 12%. « Toutes les places bancaires de l’UMOA ont été bénéficiaires en 2024 » révèle la Commission Bancaire. La Côte d’Ivoire vient en tête, enregistrant un résultat net de 536,9 milliards. Ce pays est suivi de loin respectivement par le Sénégal avec 205,4 milliards, le Burkina avec 135,5 milliards, le Mali avec 97,8 milliards, le Bénin avec 77,6 milliards, le Togo avec 49,2 milliards, le Niger avec 2,7 milliards et la Guinée-Bissau avec 127 millions.
Selon la Commission Bancaire, 123 établissements de crédit, soit 77,8% des déclarants, ont enregistré un bénéfice à fin décembre 2024. Ces assujettis concentrent 92,4% du total de bilan de l’Union.
Quant au produit net bancaire (PNB) des établissements de crédit, il a atteint 3 431,3 milliards de FCFA en 2024, en hausse de 3,4% par rapport à 2023. Il est principalement constitué des revenus nets des opérations avec la clientèle et de ceux relatifs aux opérations sur titres et diverses. Les données de la Commission Bancaire indiquent que ces deux composantes du PNB en représentent respectivement 66,9% et 38,5%. « Cette répartition a légèrement évolué par rapport à 2023 où les proportions étaient de 65,5% pour les opérations avec la clientèle et de 35,5% pour les opérations sur titres et diverses », note la Commission bancaire. En 2024, les revenus nets générés par les opérations avec la clientèle ont progressé de 5,6% (+121,9 milliards), pour ressortir à 2 296,2 milliards contre 2 174,2 milliards en 2023. De leur côté, les produits nets des opérations sur titres et diverses ont augmenté de 141,6 milliards en 2024, passant de 1 177,9 milliards à 1 319,6 milliards, soit une croissance de 12,0%.
Pour ce qui est du résultat des opérations de trésorerie et de celles avec les établissements de crédit et assimilés, il a affiché un déficit de 581,3 milliards, en détérioration de 163,1 milliards (+39,0%) par rapport à la perte de 418,2 milliards enregistrée en 2023.
Les revenus des autres opérations (change, prestations de services financiers et divers) se sont accrus de 11,7 milliards, soit de 3,0%, en passant de 385,1 milliards en 2023 à 396,9 milliards en 2024.
Sur un autre registre, la Commission Bancaire souligne qu’à l’image du PNB, le produit global d’exploitation a enregistré une hausse de 2,4% en passant de 3 436,2 milliards FCFA en 2023 à 3 520,2 milliards FCFA en 2024. De même, le résultat brut d’exploitation a suivi cette tendance positive en se consolidant de 1 443,8 milliards à 1 474,8 milliards, soit un accroissement de +2,1%, malgré une augmentation de 5,6% des frais généraux.
Quant au résultat d’exploitation, il a progressé significativement de 22%, s’élevant à 1 078,0 milliards de FCFA contre 886,4 milliards de FCFA en 2023. « Parallèlement, souligne la Commission Bancaire, l’effort net de provisionnement a diminué de 11,6 pdp, passant de 39,2% en 2023 à 27,6% à la fin de 2024. »
Concernant les principaux ratios d’exploitation, le rapport annuel de la Commission Bancaire note que le coefficient net d’exploitation (qui mesure la part du PNB absorbée par les frais généraux), demeure quasi-stable, en passant de 61,0% en 2023 à 60,8% en 2024. Quant au taux de marge nette (qui mesure la profitabilité en rapportant le résultat net au PNB), il a progressé de 2,4 pdp, pour ressortir à 32,2% au 31 décembre 2024 contre 29,8% un an plus tôt.
Pour ce qui est du coefficient de rentabilité (ROE), qui évalue le rendement des capitaux propres par rapport au résultat net, il est resté stable, en se maintenant à 15,6%. Le taux de rentabilité des actifs (ROA), qui établit le rapport entre le résultat net et le total des actifs, ressort également stable à 1,5% au terme de l’exercice sous revue.



