La Tunisie s’apprête à devenir le deuxième producteur mondial d’huile d’olive, dépassant potentiellement l’Italie lors de la saison 2023-2024, grâce à une récolte exceptionnellement abondante, selon des estimations du secteur. En effet, sa production est attendue entre 300 000 et 350 000 tonnes, contre environ 240 000 tonnes pour l’Italie, pénalisée par la bactérie Xylella fastidiosa et des conditions climatiques défavorables. L’Espagne, premier producteur mondial, reste en tête avec environ 750 000 tonnes, malgré une sécheresse persistante, tandis que la Grèce pourrait produire près de 200 000 tonnes.
Cette progression tunisienne intervient alors que les principaux producteurs européens subissent de plein fouet les effets du changement climatique, créant un déficit d’offre sur les marchés mondiaux.
Pour l’économie tunisienne, fragilisée par une croissance atone, un chômage élevé et des tensions sur les réserves de change, cette hausse des exportations représente un soutien clé. L’huile d’olive constitue l’un des premiers produits agricoles exportés du pays et génère des recettes en devises essentielles pour la balance des paiements et la stabilité du dinar.
Le succès du secteur pourrait améliorer la notation de crédit du pays et attirer des investissements dans la logistique, la transformation et l’agro-industrie. Les défis restent néanmoins importants notamment la dépendance aux conditions climatiques, exportations majoritairement en vrac, et volatilité des prix sur les marchés mondiaux.



