Vendredi 18 septembre 2026

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Trois questions à Dr Sidi Ould Tah, président de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA)

A Kigali (Rwanda) dans le cadre de l’Africa CEO Forum 2024, le président de la BADEA, Dr Sidi Ould Tah, a pris part à un panel portant sur la problématique du financement des petites et moyennes entreprises (PME) en Afrique. Dans les échanges, le Mauritanien a évoqué l’alliance des institutions pour les PMEs, et le…

Sidi Ould Tah, patron de la BADEA

A Kigali (Rwanda) dans le cadre de l’Africa CEO Forum 2024, le président de la BADEA, Dr Sidi Ould Tah, a pris part à un panel portant sur la problématique du financement des petites et moyennes entreprises (PME) en Afrique. Dans les échanges, le Mauritanien a évoqué l’alliance des institutions pour les PMEs, et le rôle des fonds de garantie. Des sujets dont il évoque les détails dans cet entretien avec Financial Afrik.


Propos recueillis à Kigali par Nephthali Messanh Ledy


En 2022, vous aviez signé, avec d’autres institutions partenaires, une Charte pour une coalition globale pour les PME. Quelles sont, à ce jour, les actions que vous avez menées dans ce cadre ?

Effectivement, l’objectif de la coalition pour l’appui aux PME africaines est surtout de réunir tous les acteurs autour de la même table car on a constaté que les interventions des acteurs ne sont pas coordonnées et ne contribuent pas de manière efficace à régler les problèmes auxquels font face les PME. Certains voient l’appui des PME sous l’angle unique du financement, d’autres le voient sous l’angle de renforcement des capacités, d’autres sous l’angle de l’accès au marché. Mais en fait, si l’action des différents intervenants n’est pas coordonnée, et si l’approche n’est pas une approche holistique, le résultat, ce que nous constatons, c’est que les micro, petites et moyennes entreprises en Afrique ne reçoivent pas réellement l’appui dont elles ont besoin. C’est pourquoi nous avons appelé à cette coalition pour réunir tous les acteurs autour de la même table et travailler ensemble, développer les synergies pour donner des solutions intégrées aux petites et moyennes entreprises.

Le président de la BADEA, ici au micro au cours de son panel avec ses homologues de la Banque ouest-africaine de développement et de la Banque de commerce et de développement de l’Afrique orientale et australe.

Pour ce qui a été fait depuis lors, je dirai que plusieurs choses ont été faites. D’abord, nous avons organisé une réunion avec les fonds de garantie, réunion organisée par la BADEA, avec les quatre fonds de garantie qui opèrent en Afrique, à savoir l’Africa Guaranty Fund, le FSA, le FAGACE et l’ETI. Nous avons convenu ensemble d’une stratégie pour régler le problème fondamental de la garantie en Afrique, parce que, comme vous le savez, l’accès au financement est souvent impossible pour les petites et moyennes entreprises, pour la simple raison qu’elles n’ont pas de garantie à présenter au système bancaire. Mais il y a aussi d’autres aspects qui sont liés aux capacités de ces petites et moyennes entreprises à présenter des documents bancaires, à présenter des business plans, à obtenir des comptabilités, à régler leur situation vis-à-vis du fisc ou vis-à-vis de l’administration, un certain nombre de choses. Dans ce cadre, nous avons travaillé aussi avec la Fondation Africaine de Renforcement des Capacités, et nous travaillons aussi avec un certain nombre de philanthropes pour qu’ensemble, avec les programmes d’assistance technique de la BADEA, qui sont faits sous forme de dons, pour qu’ensemble, on puisse aussi apporter tout l’encadrement nécessaire pour les petites et moyennes entreprises.


Quelle est la prochaine étape ?

Nous travaillons sur la préparation du prochain forum des Afrochampions, le SME Afrochampions. Nous comptons l’organiser au cours de l’été prochain, et ça va être l’occasion de lancer le programme intégré de renforcement et de financement et d’appui aux petites et moyennes entreprises africaines. Effectivement, au rang de ces institutions, vous avez ces fonds de garantie.


Lors de votre panel à l’instant, vous aviez justement fait savoir que les fonds de garantie ne sont pas suffisamment capitalisés pour assurer le rôle de support des PME confrontées à la demande de garanties bancaires. Que proposez-vous pour pallier cette insuffisance ?

Absolument. Pour pallier cette insuffisance, nous avons aussi un programme, au niveau de la BADEA, pour le renforcement des capitaux des institutions financières africaines. Nous avons déjà fait ce programme avec la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), et les discussions sont en cours en ce qui concerne la Banque de développement des Etats d »Afrique centrale (BDEAC). Nous avons aussi un programme dédié pour les fonds de garantie, lequel va couvrir les différents fonds de garantie. Nous avons déjà commencé les discussions avec les différents fonds de garantie pour identifier leurs besoins en renforcement de leurs capitaux propres, et aussi les mécanismes éloignés pour ce renforcement, et les options nécessaires pour opérer cette augmentation de leurs capitaux. (…)

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