Au Togo, l’heure n’est pas au grand amour entre les directions des sociétés NSIA Assurances et le Syndicat des employés et cadres des banques, des établissements financiers et des assurances du Togo (Synbank). En conférence de presse le 31 mai 2019, ce dernier a demandé à la Direction générale du travail de prendre des dispositions pour mettre fin à leur présence sur le territoire national.
« C’est la première fois que nous recouvrons par cette méthode pour prendre à témoin l’opinion nationale et internationale sur les agissements des employeurs des compagnies d’assurances NSIA », indique le syndicat dans une déclaration lue devant la presse.
A la prise de fonction des directeurs généraux de Nsia Vie, Chantal Bosso, et de Nsia IARDT, Constant Djeket, respectivement le 1er janvier 2018 et le 18 décembre 2017, « le climat social a commencé par se détériorer dans ces institutions et des pressions de tout genre étaient exercées sur les salariés », selon le Synbank. Ce dernier indique avoir été sollicité pour la première fois pour mettre fin au travail de nuit des employés « qui travaillent journalièrement plus de 8 heures sans heures supplémentaires et certains sont amenés à prolonger leur journée de travail jusqu’à 3 heures du matin et reprendre le service à 7 h 30 ».
Par ailleurs, le syndicat informe qu’une démarche de plan social avait été entamée à Nsia IARDT. La liste des employés concernés avait été notifiée aux délégués du personnel qui avaient saisi le Synbank. Une première correspondance aurait été envoyée au directeur général pour l’inviter à se conformer aux dispositions du Code de travail qui précise les démarches à suivre dans le cadre d’un licenciement pour motif économique.
En effet, pour soutenir sa démarche, la direction évoque des « déficits consécutifs des trois derniers exercices », des « prêts de 2 milliards de FCFA dont elle a bénéficié en 2016 et 2017 », et « les déséquilibres des branches assurances maladies ». Ce que rejette les délégués et le bureau exécutif du synbank qui soutiennent que « les résultats déficitaires ne figurent pas parmi les arguments retenus par le code du travail comme motif de licenciement économique », et qu’ « aucun indice sur le marché des assurances au Togo ne figure dans le document de l’employeur et qui montre que le marché est en récession ».
Autant de raisons qui amènent le syndicat à demander à la Direction générale du travail de prendre des dispositions pour mettre fin à la présence des deux directeurs sur le territoire national « comme l’ont fait les autorités maliennes où ils ont été chassés pour atterrir au Togo », ceci « dans un délai de 8 jours ouvrés », et de faire annuler tous les actes qu’ils ont posés du fait qu’ils sont « des expatriés et ne disposent pas de permis de travail pour travailler au Togo ».
Par ailleurs, le syndicat demande une augmentation de 50% de salaire à tous les employés de NSIA Assurances « pour stress et préjudice moral », « 60 mois de salaire brut » aux concernés et menace d’appeler à une grève dans le secteur de la finance togolaise s’il n’obtient pas satisfaction.
Pour l’heure, nos tentatives pour avoir la version des directions des sociétés NSIA Assurance Togo n’ont pas abouti. Nous y reviendrons !



