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Togo : les (nouvelles) ambitions du Port de Lomé

Devenu depuis 2017 le principal port à conteneurs de la région soufflant la première place à Lagos, Lomé doit son rang à quelques investissements réalisés ces dernières années par le groupe Bolloré et Lomé Container Terminal (LCT). Et sur le moyen terme, le Togo ne compte pas en rester là. Dans un climat concurrentiel entre…

Devenu depuis 2017 le principal port à conteneurs de la région soufflant la première place à Lagos, Lomé doit son rang à quelques investissements réalisés ces dernières années par le groupe Bolloré et Lomé Container Terminal (LCT). Et sur le moyen terme, le Togo ne compte pas en rester là.

Dans un climat concurrentiel entre les ports ouest-africains, celui de Lomé, présenté comme le seul en eau profonde de la région n’a pas mis un terme à ses ambitions de modernisation. En effet, dans son Plan national de développement (PND) qui couvre la période 2018 – 2022, le gouvernement togolais envisage de lancer « une transformation profonde du Port ».

Concrètement, explique-t-il dans le document, cette ambition se réalisera au travers de plusieurs objectifs stratégiques : en faire le port le plus efficace de la sous-région en optimisant ses opérations, renforcer son rôle comme port de transbordement de la sous-région et première source d’approvisionnement de l’hinterland et des pays voisins en améliorant la connectivité et le préparer pour une croissance saine et soutenable en améliorant l’efficacité de sa gestion.

Lomé indique que cette réforme vise à ramener le temps moyen de passage au port de Lomé de 72 heures en 2016 à 24 h en 2022 et accroître le volume de conteneurs manutentionnés (en EVP) de 1 193 841 en 2017, à 3 050 000 en 2022 ceci, en vue d’augmenter les revenus générés par l’activité portuaire, et avoir un effet sur l’économie du transport de marchandises en Afrique de l’ouest.

« L’atteinte de cet effet passera par l’accroissement du trafic du port de Lomé, la diversification et l’accroissement des infrastructures d’accueil et de logistique du port de Lomé et la création et l’opérationnalisation de l’autorité portuaire », précise-t-on dans le document stratégique.

Pour rappel, le Port autonome de Lomé (PAL) a fait, récemment, l’objet de plusieurs travaux de modernisation ayant considérablement augmenté le trafic. A côté du groupe français Bolloré qui a investi 300 milliards de F CFA (457 millions d’euros) pour construire un troisième quai – doté d’un bassin de 15 mètres de profondeur, long de 450 mètres portant la longueur totale des quais à 920 mètres-, c’est Lomé Container Terminal (LCT), détenu à parts égales par Global Terminal Limited et China Merchants Holdings qui a déboursé 324 millions d’euros pour son terminal de transbordement.

Et l’activité portuaire, depuis, s’accroit. De 252 000 tonnes de marchandises par an à sa création, le PAL a enregistré, en 2015, un trafic de plus de 15 millions de tonnes de marchandises avec une desserte de 1 399 navires et un trafic transit de plus de 2,6 millions de tonnes. En 2017, 1 375 navires ont accosté et près de 20 millions de tonnes traitées, ce qui représente une hausse de 38% par rapport à l’année précédente.

Par ailleurs, le Fonds monétaire international (FMI) a estimé la hausse du trafic portuaire à 25% entre janvier et juin 2018.

Au commencement était un léger wharf allemand

L’histoire du Port de Lomé remonte aux années coloniales du Togo : en effet, les Allemands étaient les premiers à avoir appréhendé l’importance stratégique et économique de la petite ouverture que le pays a sur la mer. En 1890, ils firent construire le tout premier wharf en bois sur des pieux métallique. Mais l’infrastructure sera ravagée par un incendie, et va laisser place à une autre plus grande avec une charpente métallique reposant sur des pieux en béton.

Le nouveau wharf sera emporté en 1911 par un raz de marée. De même, celui mis en place en 1912 sera endommagé par une tempête. Construite en 1928, l’infrastructure portuaire des Français ne répondaient plus quelques années plus tard au flux des transactions en dépit de son renforcement. Les autorités togolaises initient donc la construction d’un port moderne en 1959.

C‘est ainsi que le Togo indépendant signe un accord technique avec la République fédérale d’Allemagne pour la concrétisation de ce rêve. Ainsi, le Port de Lomé avait été inauguré le 26 avril 1968, mais la date du 21 janvier 1967 est restée dans les annales comme celle marquant l’arrivée du tout premier navire à quai, la « Brite Hugo Stinnes ».

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