Entamée en début de semaine, la médiation du gouvernement entre NSIA Vie et NSIA Assurances Togo d’une part, et le syndicat des banques et celui des assurances d’autre part semble porter ses fruits. Le mot d’ordre de grève largement respecté mardi 26 juin sur toute l’étendue du territoire, paralysant ainsi tout le secteur, avait été suspendu mercredi pour donner chance au dialogue entre les deux parties.
Tout a commencé, officiellement, le 24 juin 2019 au cabinet du ministre du Travail, Gilbert Bawara, qui a rencontré une délégation du Syndicat des employés et cadres des banques, des établissements financiers et des assurances du Togo (Synbank) et du Syndicat des employés et cadres des compagnies d’assurances du Togo (Synassur). Mais les résultats escomptés n’étant pas au rendez-vous, la grève avait été maintenue pour les mardi 25, mercredi 26 et jeudi 27 juin comme annoncé environ deux semaines plus tôt.
Quelques heures après le début effectif du mouvement, c’est au tour du ministre des Finances, Sani Yaya – banquier de son état -, d’appeler les syndicalistes à la table de discussion. Un léger dénouement profile à l’horizon, même si toutes les agences de banques et des assurances avaient fermé ce mardi.
Convoqués en Assemblée générale mercredi, les syndicalistes ont décidé de suspendre la grève, et de reprendre service dès 10h. Ils annoncent avoir été satisfaits à 80% suite aux discussions avec le ministre de tutelle. « Des mesures internes sont prises y compris la démission des deux DG et l’indemnisation de 60 mois à chaque employé renvoyé », selon une source proche du dossier.
Les syndicats protestent, en effet, contre le licenciement jugé abusif de 9 employés de NSIA Vie et NSIA Assurances, réclament le paiement d’indemnisation sur une période de 60 mois, et la démission des deux directeurs généraux, Chantal Bosso et Constant Djeket. Ces derniers, entrés en fonction entre décembre 2017 et janvier 2018 à la tête des deux compagnies, n’auraient pas de permis de travail ; du moins, au moment du licenciement des employés concernés.
« Pour ce qui est du départ de Chantal Bosso et de Constant Djeket, la question a été abordée avec le ministre », a précisé Josée Patassé, le secrétaire générale du Synbank dans un entretien publié sur Togo Breaking News, un site d’informations locales. « Le groupe NSIA a été vraiment sonné et il lui appartient de tirer la conclusion de ce que les 2 responsables au Togo sont décriés. Et s’ils doivent partir, nous n’avons quand-même pas obtenu une date dans ce sens », a-t-elle ajouté.
L’on retient, suite à l’assemblée générale, que les Bureaux exécutifs du Synbank et du Synassur vont « poursuivre les discussions sur les points contenus dans le préavis de grève ». « Les membres du Synbank et du Synassur remercient les ministres de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme administrative et le ministre de l’Economie et des Finances qui se sont impliqués et ont fait obtenir les engagements des deux parties pour une résolution rapide et définitive de ce conflit de travail », lit-on dans un communiqué relatif à la suspension.
Au terme d’un conseil des ministres tenu mardi soir, le gouvernement avait annoncé que ses représentants ont entamé des discussions afin de créer des conditions d’un « dialogue fructueux » entre les parties prenantes. Et d’exhorter les différents protagonistes à « faire preuve de retenue en privilégiant la recherche d’une solution négociée » qui « préserve les intérêts des parties », et à « lever le mot d’ordre de grève lancée par le SYNBANK pour protester contre le licenciement de leurs collègues, décidé par la direction de la banque dans le cadre du plan de restructuration annoncé par le groupe ».
« Nous avons tous reconnu un déficit de dialogue et de concertation », avait indiqué lundi, le ministre du Travail. « Les responsables de NSIA auraient dû être beaucoup plus entreprenants pour veiller à ce qu’il y a un dialogue et un esprit de respect et de considération entre toutes les parties prenantes », avait-il déclaré.
Dans un communiqué publié la semaine dernière, le président des conseils d’administration des deux sociétés avaient démenti point par point les accusations portés contre les directeurs, évoquant, entre autres, des « motifs fallacieux » aux sujets du « défaut du permis de travail » et des nouveaux recrutements auxquels les sociétés auraient procédé suite aux licenciements.



