Plusieurs ministères fusionnés, des secrétaires d’Etat sacrifiés. Le Tchad ne compte plus désormais que 23 ministères au lieu des 38 en vigueur jusqu’au 24 décembre 2017.
Grand rescapé du remue-ménage, le premier ministre, Albert Pahimi Padacké, conserve son poste. Pour sa part, le docteur Abdoulaye Sabre Fadoul, ex-secrétaire général du gouvernement, chargé des réformes et du dialogue avec l’assemblée nationale, hérite du ministère stratégique des finances et du budget. Son prédécesseur à ce poste, Christian Georges Diguimbaye, a eu maille à partir avec le FMI à propos d’un nouveau programme de soutien.
De plus, le Tchad court le risque d’un défaut de paiement suite à l’échec des négociations avec Glencore. La multinationale suisse avait consenti
1,4 milliards de dollars au pays en 2014.
Environ 25 % de cet argent avait été utilisé par la Société tchadienne des hydrocarbures (STH) pour acheter des parts de Chevron au sein du Consortium de Doba qui produit l’essentiel du pétrole tchadien.
Lors d’une interview accordée en juin à trois médias français, Idriss Deby, parlant du prêt Glencore, avait dénoncé « un marché de dupes » et « un délit d’initié » dans le rachat des parts du Consortium de Doha quelques semaines avant la chute brutale des cours du brut.
En attendant, le FMI pose ses conditions. Tout nouveau décaissement, discuté lors du conseil du FMI du 15 novembre, restant suspendu à la renégociation des échéances de remboursement à Glencore. Le FMI qui appelait aussi à une cure du budget de fonctionnement de l’Etat ne tient pas à voir ses décaissements servir à payer Glencore.
Cette dernière, loin de faire du mécénat serait devenue particulièrement exigeante sur les termes de son prêt depuis que le Tchad, dans un ultime revirement, a annoncé sa décision de restreindre l’accès à son pétrole à Glencore, au profit d’ExxonMobil dès janvier 2018.
Selon le FMI, le Tchad a dédié en 2016 la majeure partie de ses revenus pétroliers au remboursement des emprunts contractés auprès de Glencore.
Sur les 271 millions de dollars de revenus pétroliers, le service de la dette coûte 231 millions de dollars, laissant 40 millions de dollars dans les caisses du Trésor public du pays. Et ce coût devrait encore grimper avec l’expiration du délai de grâce sur la majorité de la dette.


