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Sosucam : Romy Castel contre-attaque et promet un plan de relance pour préserver le fleuron sucrier camerounais

La bataille autour de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam) franchit un nouveau palier. Après les révélations sur le projet de cession par Somdia, filiale agro-industrielle du groupe Castel, de sa participation de 88,36 % dans le premier producteur de sucre du Cameroun, c’est désormais Romy Castel, fille du fondateur Pierre Castel, qui sort publiquement…

La bataille autour de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam) franchit un nouveau palier. Après les révélations sur le projet de cession par Somdia, filiale agro-industrielle du groupe Castel, de sa participation de 88,36 % dans le premier producteur de sucre du Cameroun, c’est désormais Romy Castel, fille du fondateur Pierre Castel, qui sort publiquement de sa réserve.

Dans un communiqué diffusé ce 22 juin, l’héritière du groupe familial affirme avoir découvert « avec stupéfaction » ce projet par voie de presse. Elle critique vivement la stratégie de la direction actuelle de Somdia et du groupe Castel, dirigée par Grégory Clerc, qu’elle accuse de privilégier la vente d’un actif stratégique plutôt que son redressement industriel.

Cette prise de position intervient alors que le gouvernement camerounais a décidé de mettre en place un comité stratégique chargé d’examiner les conditions de cette éventuelle cession. Une décision saluée par Romy Castel, qui considère la Sosucam comme un actif essentiel tant pour le groupe Castel que pour la souveraineté alimentaire du Cameroun.

Selon elle, les difficultés actuelles de la société résultent davantage d’un déficit d’investissements que d’un manque de potentiel. La production reste insuffisante pour satisfaire une demande nationale estimée à près de 400 000 tonnes de sucre par an, laissant une part importante du marché aux importations.

Au-delà de l’enjeu industriel, la dirigeante met en avant les conséquences sociales d’un éventuel désengagement. Elle appelle les autorités camerounaises à privilégier une solution industrielle pérenne garantissant le maintien de l’emploi sur les sites de Nkoteng et de Mbandjock ainsi que l’augmentation des capacités de production.

Romy Castel va plus loin en annonçant qu’en cas de changement de gouvernance au sein du groupe, elle présentera aux autorités camerounaises un plan d’investissement, d’expansion industrielle et de maintien de l’emploi, financé notamment grâce aux ressources des autres filiales africaines du groupe, à commencer par Boissons du Cameroun.

Cette déclaration publique révèle également les tensions qui traversent aujourd’hui la gouvernance de l’empire Castel. Alors que la direction actuelle semble privilégier un recentrage de son portefeuille d’actifs, l’héritière du fondateur défend une vision fidèle à celle de Pierre Castel : celle d’un groupe intégré où les activités agro-industrielles alimentent les filières brassicoles locales et participent à la souveraineté économique des pays africains.


Encadré

Communiqué intégral de Romy Castel

22 juin 2026

« Je découvre avec stupéfaction, par voie de presse, que Somdia, la filiale agro-industrielle de notre Groupe familial désormais sous le contrôle managérial de Grégory Clerc, ancien avocat fiscaliste de mon père, a engagé un processus de cession de nos 88,36 % dans la Société sucrière du Cameroun (Sosucam). Je relève que le gouvernement camerounais a aussitôt imposé la création d’un comité stratégique pour analyser cette opération potentielle, et je m’en félicite.

La Sosucam est un fleuron du groupe Castel. Elle participe à l’autonomie alimentaire du Cameroun et incarne la vision de mon père : un groupe agro-industriel fondé sur l’intégration verticale des brasseries et l’approvisionnement local en matières premières (sucre, maïs, malt), en substitution d’importations coûteuses en devises et en logistique.

Sosucam a souffert d’un sous-investissement qui n’a pas permis à sa production de combler l’écart avec une demande nationale estimée à 400 000 tonnes par an. Face à ce défi industriel, la réponse de la direction actuelle, vendre plutôt qu’investir et relancer, démanteler plutôt que consolider, est un aveu d’absence de vision, de compétence et de courage.

Ce choix contredit frontalement les déclarations de Grégory Clerc sur RFI, Jeune Afrique ou Forbes concernant l’importance de l’agro-industrie africaine. Brader un actif stratégique au lieu de le redresser n’est pas une stratégie, c’est un renoncement.

Je pense d’abord aux femmes et aux hommes de Sosucam, à Nkoteng comme à Mbandjock, dont les emplois et l’avenir ne sauraient être la variable d’ajustement d’un désengagement.

J’invite le gouvernement camerounais et le comité stratégique à privilégier une solution industrielle durable, capable de préserver l’emploi et de hisser la production à la hauteur des besoins du pays.

Je rappelle à l’ensemble des salariés du groupe, et tout particulièrement à ceux du Cameroun, que la Sosucam demeure un actif stratégique, adossé à un puissant groupe industriel.

Dès la révocation de Grégory Clerc et la mise en place d’une gouvernance expérimentée et professionnelle, je m’engage à présenter aux autorités camerounaises un plan d’investissement, d’expansion et de maintien de l’emploi pour Sosucam, en mobilisant la solidité financière des filiales du groupe, à commencer par Boissons du Cameroun.

Je revendique le caractère essentiel de la Sosucam : un acteur intégré, au service de la souveraineté alimentaire du Cameroun et de son leadership dans le cadre de la future ZLECAF. C’est cette ambition que j’entends défendre. Fidèle à la vision de mon père, je veillerai à ce que cet héritage industriel africain soit préservé et prolongé, et non démantelé. »

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