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Soif de performance à la Bourse d’Abidjan (BRVM)

        La place financière de l’ Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) poursuit sa glissade. L’indice BRVM-Composite a encore cédé 2,63 points sur  la semaine achevée le vendredi 27 octobre 2017. Il s’agit de l’accentuation d’un trend baissier entamé, précisément, le 18 Avril 2016. En rendement YTD, la place ivoirienne a cédé plus…

Alioune SAO, Market Investment Analyst

 

 

 

 

La place financière de l’ Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) poursuit sa glissade. L’indice BRVM-Composite a encore cédé 2,63 points sur  la semaine achevée le vendredi 27 octobre 2017. Il s’agit de l’accentuation d’un trend baissier entamé, précisément, le 18 Avril 2016. En rendement YTD, la place ivoirienne a cédé plus de 20% de sa valeur.  En  18 mois, 27% de la capitalisation boursière se sont évaporés. La pression vendeuse demeure forte.  Le niveau du marché actions  est au plus bas depuis presque deux ans.

Au plus fort de sa hausse, le marché traitait avec un PER de 24,6

Pour comprendre l’origine de cette sévère correction, commençons par un bref retour en arrière. Depuis la sortie de la crise en Côte d’Ivoire, la BRVM a amoncelé les records.  Durant cette période de crue, divers signaux laissaient à penser que l’air se raréfiait de plus en plus au fil de l’ascension. Si d’une part, le marché était sur une bonne pente,  d’un point de vue technique, les valorisations des sociétés cotées étaient devenues onéreuses, pour la majeure partie des titres et le marché traitait avec un PER moyen de 24,6. Lorsque le marché s’envole et que les prix des actions s’éloignent de leur valeur intrinsèque,  l’on s’attend naturellement à une correction. Autrement dit, le marché avait au moins besoin d’une pause après quatre ans de gains consécutifs.

Cependant, la surévaluation des valeurs n’est qu’une partie de la cause, puisqu’il y a évidemment aussi : le ralentissement de la croissance ivoirienne, une massive prise de profit des investisseurs suscité par la déception sur les niveaux de résultat en 2016, la multiplication des IPO…

Mais au-delà de ces éléments conjoncturels, l‘instabilité grandissante du marché est aussi alimentée par l’augmentation des mouvements de sortie des petits porteurs. Ces derniers ne font pas la tendance  mais contribuent à alimenter l’instabilité du marché. La psychologie de ces investisseurs joue un rôle déterminant : Ils font preuve d’une plus grande réactivité aux mauvaises nouvelles plutôt qu’aux bonnes. Ainsi,  les mouvements de panique à la vente sont plus courants et la peur devient vite le moteur du marché.

 

 

La psychologie du petit porteur 

Plus récemment, c’est le spectre de la distribution des actions gratuite du groupe BOA qui a affecté  la psychologie de ces petits porteurs (ils se sont sentis trahis à cause d’une mauvaise communication. Croyant que leur portefeuille aller être doublé, ils se sont retrouvés avec un portefeuille à moitié gelé pendant presque 3 mois pour un retour à la normale avec perte de profit). Aujourd’hui, ces investisseurs préfèrent se positionner uniquement sur les papiers frais, à l’image des résultats des Offres Publiques Ventes qui ont une espérance de rendement satisfaisant.

Cependant, l’opération de NSIA Banque montre clairement que les investisseurs ont soif de performance. Le titre n’a connu que 3 jours de hausse et beaucoup d’investisseurs s’empressaient de liquider leur position pour profiter d’une performance de 24,2%. Ce qui a naturellement affecté l’action à la baisse.

Les investisseurs ont aussi le sentiment que la BRVM a épuisé tous les instruments dont elle dispose pour relancer le marché (plusieurs opérations de fractionnement, distribution de dividende supplémentaire, publications de résultats satisfaisants pour l’exercice 2017 …).

Il faut aussi noter que cette tendance baissière à laquelle nous assistons est entrecoupée de séances de rebond qui permettent aux investisseurs d’avoir un rendement à très court terme. Seule la volonté de faire une bonne affaire après un creux de marché, explique ces quelques rebonds.

En ce qui concerne les perspectives, une analyse des courbes ci-dessus, montre que le marché est très souvent sur une pente haussière en fin d’année et cette tendance est amorcée pour la plupart du temps sur la 2ème moitié du mois d’octobre. Dans ce contexte différent, aurons-nous ce rebond cette année ? Wait and see !!

 

 

Alioune SAO, Market Investment Analyst

 

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