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Sénégal : Diomaye Faye va-t-il renégocier le contrat pétrolier avec Woodside ?

À la faveur d’une conférence de presse tenue le 13 juillet 2024, le président Sénégalais Diomaye Faye a tenu à se prononcer sur les grands sujets qui ont marqué ses 100 jours à la tête du Sénégal. Bassirou Diomaye Faye n’est pas passé par quatre chemins pour confirmer sa volonté de renégocier les accords et…

Bassirou Diomaye Faye. © Présidence du Sénégal

À la faveur d’une conférence de presse tenue le 13 juillet 2024, le président Sénégalais Diomaye Faye a tenu à se prononcer sur les grands sujets qui ont marqué ses 100 jours à la tête du Sénégal. Bassirou Diomaye Faye n’est pas passé par quatre chemins pour confirmer sa volonté de renégocier les accords et contrats pétroliers et gaziers de Sangomar avec l’australien Woodside. Objectif affiché, permettre aux Sénégalais de mieux tirer profit de la manne pétrolière.

Avec le gisement de gaz naturel Grand tortue/Ahmeyim (GTA) en développement, qui sera exploitée par British Petroleum (BP) et l’américain Kosmos Energy et qui devrait placer le Sénégal à l’horizon 2030 dans le top 5 africain pour le GNL; combiné au gisement pétrolier offshore de Sangomar, en partage avec la Mauritanie, leurs exploitations devraient rapporter à l’État du Sénégal plus d’un milliard d’euros par an pendant trois décennies. « Insuffisant !» estime le président sénégalais. Les contrats miniers, pétroliers et gaziers, dit-il, sont très défavorables à son pays et devront être renégociés pour qu’ils bénéficient davantage aux populations locales.

Faisabilité

Bassirou Diomaye Faye clame haut et fort ne pas croire en la malédiction du pétrole. Mais dans les faits, de quelle marge de manœuvre dispose-t-il pour renégocier ou casser des contrats après des milliards de dollars d’investissement ? Beaucoup de spécialistes du secteur sont sceptiques sur la question. S’il ya de profondes divergences, cela déboucherait éventuellement sur des procédures d’arbitrage qui pourraient plomber le potentiel énergétique du pays et se révéler très coûteux. 

Le Sénégal qui vient d’entamer sa production de pétrole peut-il se permettre de s’engager maintenant dans des arbitrages avant d’avoir atteint sa vitesse de croisière et de s’affirmer comme un véritable pays pétrolier ? Renégocier oui, tirer au maximum profit du cadre légal qu’offre le code minier certes. Mais situer le contexte économique évidemment. Ce dernier est marqué par les contingences liées à la guerre en Ukraine et aux séquelles de la pandémie de Covid-19 qui n’épargnent ni les industriels, ni les politiques publiques des États. Seul le contexte économique, financier, politique et l’attractivité du marché déterminent la probable rentabilité des ressources du sous-sol et qui guident les industriels dans leurs décisions à investir. 

En réalité, la véritable malédiction du pétrole,  serait de miser sur le Tout-Pétrole dans un monde où mêmes les Économies les plus solides sont condamnées à se réinventer. 

Financial Afrik Premium