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Scandale du riz étuvé au Nigeria : Ecobank remporte son litige contre Wilben Trade Limited

Le différend opposant Ecobank à Wilben Trade Limited, société de négoce active entre le Moyen-Orient, l’Afrique de l’Ouest et l’Asie et spécialisée dans les matières premières agricoles, a connu son épilogue devant la Cour de cassation de Dubaï, qui a rejeté à l’unanimité, le 13 novembre 2025, le pourvoi formé par la société et son…

Le différend opposant Ecobank à Wilben Trade Limited, société de négoce active entre le Moyen-Orient, l’Afrique de l’Ouest et l’Asie et spécialisée dans les matières premières agricoles, a connu son épilogue devant la Cour de cassation de Dubaï, qui a rejeté à l’unanimité, le 13 novembre 2025, le pourvoi formé par la société et son promoteur, Marcus Akroyd Wade.
Depuis 2023, Wilben Trade accusait Ecobank d’abus dans la gestion d’un dossier lié à des opérations commerciales de riz étuvé au Nigeria, menant parallèlement une campagne médiatique critiquant la banque. Le litige était né de plusieurs éléments : Ecobank Nigeria avait détecté des incohérences documentaires et déclaré aux autorités compétentes des soupçons de fraude dans des opérations de commerce international portant sur du riz étuvé, tandis que certaines positions avaient été temporairement gelées dans l’attente d’enquêtes réglementaires.

Ce type de tensions n’est pas exceptionnel dans un secteur où les fraudes sont fréquentes : le commerce du riz étuvé, caractérisé par une forte demande en Afrique de l’Ouest, implique des chaînes d’intermédiation complexes et des flux financiers élevés qui favorisent la falsification de documents (factures gonflées, connaissements modifiés), la surfacturation, le double financement ou encore les écarts entre cargaisons déclarées et cargaisons réelles. Dans ces opérations de trade finance, la responsabilité juridique d’une banque est strictement encadrée : examen des documents, vigilance KYC/KYB, obligation de détecter les incohérences, mais surtout obligation légale de signalement en cas de soupçon de fraude ou de blanchiment, ce qui peut conduire à suspendre ou sécuriser des transactions en attendant des vérifications.

C’est précisément dans ce cadre qu’Ecobank affirme avoir agi, tandis que Wilben Trade estimait ces mesures abusives et les considérait comme à l’origine d’un préjudice réputationnel et d’un manque à gagner évalué à 67,8 millions USD dans la plainte déposée à Dubaï en décembre 2024. Le Tribunal de Première Instance de Dubaï a rejeté la requête le 21 avril 2025, concluant à l’absence d’abus de droit ou de mauvaise foi de la part de la banque ; la Cour d’Appel a confirmé cette décision le 29 septembre 2025 en s’appuyant, entre autres, sur l’expertise produite par les demandeurs eux-mêmes ; et la Cour de cassation a entériné de manière définitive cette position le 13 novembre 2025, jugeant les allégations dépourvues de tout fondement juridique ou factuel. Cette décision marque la fin d’un litige de deux ans et confirme la conformité des procédures appliquées par Ecobank dans ce dossier.

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