Devant les députés, le 9 juin 2026, le ministre rwandais du Commerce et de l’Industrie, Prudence Sebahizi, a annoncé que « le gouvernement est en pourparlers avec le conglomérat industriel kényan Rai pour mettre en œuvre un projet sucrier de grande envergure dans le pays ». Concrètement, le gouvernement entend attribuer une concession de 11.000 hectares (ha) de terres agricoles dans le district de Nyagatare, destinée à la production de canne à sucre et à la construction d’une sucrerie.
Selon le membre du gouvernement rwandais, « cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un programme plus vaste visant à attirer de nouveaux investisseurs pour développer l’industrie sucrière, monopolisée par la sucrerie nationale Kabuye Sugar le seul acteur en activité dans le pays ». De l’avis du gouvernement rwandais, ce monopole ne satisfait pas la demande sur le marché intérieur. Et les chiffres sont révélateurs à ce propos. En effet, selon des données officielles, autrefois, la production de Kabuye couvrait environ 45% de la consommation nationale. Les mêmes sources indiquent que l’entreprise n’a plus que 10% des parts de marché du sucre au Rwanda ces dernières années.
Au ministère du Commerce et de l’Industrie, l’on explique cette contre-performance par une augmentation de la demande nationale. Ce, selon le ministre Prudence Sebahizi, alors qu’« aucune nouvelle usine n’a été créée au fil du temps » et que « les importations ont augmenté pour répondre à la demande intérieure croissante ». Ainsi, les données compilées sur la plateforme Trademap révèlent que « les volumes des importations de sucre sont passés de près de 15.000 tonnes en 2015 à 196.000 tonnes en 2025 ». Au cours de la période sous revue, les dépenses de l’Etat liées à ces importations sont passées de 8,8 millions USD en 2015 à près de 146 millions USD.
Dans ce contexte, pour le gouvernement rwandais, le projet en cours de discussion avec le groupe Rai permettra de couvrir 50% des besoins du marché rwandais de sucre dans les prochaines années.
En s’installant au Rwanda, le groupe kenyan Rai renforce sa présence dans l’industrie sucrière en Afrique de l’Est. Au Kenya, il contrôle près de 50% des parts de marché via West Kenya Sugar, Sukari Industries, Olepito Sugar et Naitiri Sugar Company. Les activités de ces entreprises couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis la culture de la canne à sucre jusqu’au broyage, au raffinage et à la commercialisation du sucre.



