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Recapitalisation bancaire au Nigeria : 72 % des fonds levés en interne, 28 % venus de l’étranger

Environ 28 % des capitaux mobilisés dans le cadre du programme de recapitalisation du secteur bancaire nigérian proviennent d’investisseurs étrangers, a déclaré le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria (CBN), Olayemi Cardoso, soulignant un regain de confiance significatif dans l’économie du pays et dans la solidité de ses institutions financières. S’exprimant lors de l’Africa…

Olayemi Cardoso, gouverneur de CBN

Environ 28 % des capitaux mobilisés dans le cadre du programme de recapitalisation du secteur bancaire nigérian proviennent d’investisseurs étrangers, a déclaré le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria (CBN), Olayemi Cardoso, soulignant un regain de confiance significatif dans l’économie du pays et dans la solidité de ses institutions financières.

S’exprimant lors de l’Africa Capital Forum, tenu à Londre ce mercredi 18 mars, en marge de la visite d’État au Royaume-Uni du président Bola Ahmed Tinubu, M. Cardoso a formulé un bilan sans équivoque : « Le système financier que nous avions est mort et enterré. Ce que nous avons aujourd’hui est un nouveau système qui a apporté liquidité et transparence. » Ce forum inaugural, placé sous le thème « De la Stabilisation à la Mobilisation des Capitaux », a réuni plus de 200 délégués issus d’institutions financières mondiales, de banques de développement multilatérales et du secteur privé.

72 % des fonds levés en interne : un signal de maturité des marchés domestiques

Si la participation étrangère retient l’attention, c’est bien la résilience du capital national qui constitue le fait marquant de cette recapitalisation. Selon Akin Ogunranti, Directeur exécutif de Zenith Bank, 72 % des capitaux levés dans le cadre de ce programme proviennent de sources domestiques — un chiffre qu’il a qualifié de « jalon majeur », témoignant de l’approfondissement des marchés de capitaux nigérians et de la confiance croissante des investisseurs locaux dans la trajectoire du secteur bancaire.

À ce jour, 32 banques ont satisfait aux nouvelles exigences minimales de fonds propres fixées par la CBN, dont l’échéance était initialement fixée au 31 mars 2026. La vérification réglementaire se poursuit pour les établissements restants. Au total, le secteur a levé 4 050 milliards de nairas (environ 2,7 milliards de dollars), dont 71,67 % via des sources domestiques selon les dernières données de la CBN.

Réformes structurelles et reconfiguration du système financier

Le gouverneur Cardoso a attribué cet afflux de capitaux à une série de réformes monétaires et réglementaires profondes : refonte du marché des changes avec suppression de plusieurs contrôles de capitaux hérités du passé, amélioration de la liquidité et de la transparence du marché des devises, et renforcement de la coordination entre les autorités monétaires et budgétaires. Il a également annoncé que la CBN finalise une nouvelle Vision du Système de Paiements, qui devrait positionner le Nigeria comme hub régional africain pour les paiements numériques et transfrontaliers.

Sur le plan macroéconomique, le Vice-gouverneur chargé de la Politique économique, Muhammad Sani Abdullahi, a confirmé que le Nigeria a enregistré 11 mois consécutifs de désinflation — après un pic d’inflation à 37 % — et que les réserves de change du pays dépassent désormais 50 milliards de dollars. La mobilisation de capitaux étrangers vers le Nigeria a, par ailleurs, augmenté de près de 200 % depuis les réformes du marché des changes, selon la CBN. Le total des importations de capitaux a dépassé 21 milliards de dollars sur les dix premiers mois de 2025, selon les données du Bureau national des statistiques.

Les transferts de fonds de la diaspora ont également connu une forte progression, contribuant à diversifier les sources de devises et à stabiliser les réserves extérieures du pays.

Le Nigeria, moteur bancaire de l’Afrique

Le forum a mis en lumière la dimension panafricaine du secteur bancaire nigérian, que Cardoso n’hésite pas à qualifier d’« ambassadeurs du Nigeria sur le continent ». Oliver Alawuba, Directeur général de United Bank for Africa (UBA), a illustré cette réalité : plus de 65 % des revenus du groupe proviennent désormais de l’extérieur du Nigeria, témoignant d’une intégration continentale avancée. First Bank entretient quant à elle au moins sept implantations au Royaume-Uni, tandis que Miriam Olusanya, directrice générale de Guaranty Trust Bank, a souligné le rétablissement des relations de correspondance bancaire internationale comme changement structurel déterminant.

Cette empreinte continentale s’inscrit directement dans l’agenda de transformation vers une économie à 1 000 milliards de dollars, objectif que le gouvernement nigérian entend atteindre en s’appuyant sur un secteur bancaire recapitalisé, crédible et ouvert sur l’Afrique et le monde.

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