Des acteurs portuaires accusent le Port autonome de Douala d’avoir violé la loi dans la mise en place de la Régie du terminal à conteneurs.
Par Achille Mbog Pibasso
La décision prise le 06 décembre 2019 par les dirigeants du Port autonome de Douala (PAD) portant création d’une Régie du terminal à conteneurs (RTC) pour assurer l’exploitation et la maintenance de cette infrastructure dès le 1er janvier 2020 en lieu et place du consortium franco-danois Bolloré-APM Terminal s’est faite en violation du décret portant réorganisation du Port autonome de Douala.
A en croire des acteurs portuaires, entre autres, des armateurs, des consignataires, des acconiers et des transitaires, c’est au regard de cette violation réglementaire qu’une réunion d’urgence a été convoquée le 23 décembre 2019 pour tenter de rattraper ce qui peut encore l’être.
Le décret présidentiel portant réorganisation du Port autonome de Douala a-t-on indiqué, dispose en son article 11 que « si l’opération de consultation relative au transfert au secteur privé de l’activité de manutention portuaire s’avère infructueuse, l’autorité portuaire peut à titre exceptionnel en assurer la gestion directe, après avis du conseil consultatif d’orientation du Port de Douala ».
Pourtant, le Conseil d’administration du Port autonome de Douala a par résolution N°0684 et N°0685 /19/CA/PAD du 06 décembre 2019 a pris des mesures destinées à assurer la poursuite des opérations de manutention au terminal à conteneurs du Port de Douala, dont la mise en place de la régie déléguée. Dans la foulée, le Directeur général du PAD Cyrus Ngo’o, a décidé de la nomination de Faustin Dingana aux fonctions de Directeur de la Régie déléguée.
« Ces mesures prises dans la précipitation par les responsables du Port autonome de Douala ont été mises en application en violation du décret N°2019/034 du 24 janvier 2019. Le Conseil consultatif d’orientation du Port de Douala n’ayant pu, comme le prévoit l’article 11, formuler d’observations sur ce projet porté par la Direction général du PAD » ont relevé des acteurs portuaires.
D’après des sources, c’est sans doute dans une attitude de « rattrapage » que le Président du Comité consultatif d’orientation du Port autonome de Douala, Alain Malong, a convoqué dans l’urgence, une session du Comité consultatif qui s’est tenue ce lundi au siège du PAD, avec dans les divers, un point sur la situation du Terminal à conteneurs.
« Cette réunion convoquée de manière précipitée et hors délai vient s’ajouter à la somme des décisions illégales prises par le Conseil d’administration et la Direction générale du Port de Douala dans le cadre de la création de la régie du terminal à conteneurs », renseigne-t-on.
Selon de fiables informations, au regard des enjeux économiques que revêt l’exploitation du terminal à conteneurs, les plus hautes autorités de l’Etat seraient de plus en plus favorables pour que le Groupe Bolloré à travers Douala international terminal (DIT) qui assure l’exploitation de cette infrastructure depuis quinze ans puisse poursuivre ses activités en attendant la désignation d’un nouvel opérateur.
Une prudence des dirigeants qui s’expliquerait notamment au regard de l’expertise du Groupe Bolloré dans la gestion et la maintenance du terminal à conteneurs, mais aussi parce que « le sommet de l’Etat ne pourrait prendre le risque de confier un secteur aussi névralgique aux mains inexpertes ».
Dans ce contexte, tout laisse croire qu’on est loin d’avoir écrit le dernier épisode de ce feuilleton à rebondissements.



