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Plus de 200 journalistes tués à Gaza : l’UE sous pression pour sanctionner Israël

La frappe israélienne qui a coûté la vie à six journalistes, dont cinq liés à Al Jazeera, relance les tensions diplomatiques entre Israël et l’Union européenne. Reporters sans frontières (RSF) dénonce un « massacre ciblé » et appelle à suspendre l’accord d’association UE–Israël, un partenariat commercial stratégique pesant plus de 46 milliards d’euros d’échanges annuels.…

Tous droits réservés Jehad Alshrafi/Copyright 2025 The AP. All rights reserved.

La frappe israélienne qui a coûté la vie à six journalistes, dont cinq liés à Al Jazeera, relance les tensions diplomatiques entre Israël et l’Union européenne. Reporters sans frontières (RSF) dénonce un « massacre ciblé » et appelle à suspendre l’accord d’association UE–Israël, un partenariat commercial stratégique pesant plus de 46 milliards d’euros d’échanges annuels.

L’attaque, survenue dimanche 10 aout près de l’hôpital al-Shifa, a tué le reporter Anas al-Sharif et cinq autres professionnels des médias. Selon l’armée israélienne, al-Sharif était lié à un groupe armé — une accusation sans preuve tangible, affirme RSF.

Cette frappe porte à plus de 200 le nombre de journalistes tués depuis le début de la guerre, faisant de Gaza l’un des terrains les plus meurtriers pour la presse depuis des décennies.

Sous la pression croissante des ONG, de certains eurodéputés et de plusieurs capitales européennes, Bruxelles pourrait revoir l’accord d’association signé en 2000, qui garantit à Israël un accès privilégié au marché unique.

Une suspension — même partielle — aurait des répercussions économiques directes sur des secteurs clés comme la high-tech, l’agroalimentaire et les exportations de diamants taillés. Pour Israël, l’UE représente près d’un tiers de ses exportations totales.

Si des mesures restrictives venaient à être adoptées, elles pourraient entraîner un ralentissement de la croissance israélienne déjà affaiblie par le conflit, des tensions sur le shekel, avec un risque de fuite des capitaux étrangers, et des répercussions sur certaines entreprises européennes fortement intégrées aux chaînes d’approvisionnement israéliennes, notamment dans le secteur technologique.

Un silence qui coûte cher

Pour RSF, le manque de réaction ferme des alliés occidentaux — UE, Royaume-Uni et États-Unis — depuis ses alertes d’octobre 2024 a favorisé un climat d’impunité. « La communauté internationale ne peut plus fermer les yeux. Il faut stopper ce massacre et mettre fin à la stratégie de blackout médiatique d’Israël », insiste Thibaut Bruttin, directeur général de RSF.

Si Bruxelles cédait aux appels à geler l’accord d’association, il s’agirait du geste politique et économique le plus fort contre Israël depuis le début du conflit. Ce précédent pourrait aussi ouvrir la voie à des sanctions coordonnées avec d’autres partenaires commerciaux, accentuant la pression économique et diplomatique sur Tel-Aviv.

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