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Nigeria : ouverture de la 3e édition du Sommet sur les infrastructures en Afrique

De notre Envoyé spécial à Abuja, Nephthali Messanh Ledy Les travaux de la 3e édition du Sommet sur les infrastructures en Afrique ont été lancés ce jeudi 12 mai à Abuja (Nigéria) par l’Africa Finance Corporation (AFC), l’institution panafricaine organisatrice de l’événement dans le cadre de la célébration de ses 15 années d’activités. Dans son…

De notre Envoyé spécial à Abuja, Nephthali Messanh Ledy

Les travaux de la 3e édition du Sommet sur les infrastructures en Afrique ont été lancés ce jeudi 12 mai à Abuja (Nigéria) par l’Africa Finance Corporation (AFC), l’institution panafricaine organisatrice de l’événement dans le cadre de la célébration de ses 15 années d’activités.

Dans son allocution d’ouverture, le président de l’AFC, Samaila Zubairu, a présenté l’état des lieux des infrastructures en Afrique, et les défis qui se posent. Parmi ces défis, le manque de financement. Et d’appeler à financer les innovations et à la recherche des capitaux qui sont nécessaires pour l’Afrique.

En effet, selon Samaila Zubairu, la clé pour effectuer le changement est de s’assurer que les institutions basées en Afrique telles que l’AFC aient accès aux fonds climatiques essentiels grâce à l’innovation financière pour soutenir la construction résiliente et l’investissement dans la fabrication et la transformation à grande échelle localisées. Ce qu’il qualifie de « finnovation ».

Ce sommet est également une occasion pour les conférenciers d’évoquer le climat qui, selon Samaila Zubairu, a un effet sur le développement. « Nous sommes ceux qui contribuent le moins au changement climatique, mais nous devons jouer le rôle qui est le notre pour trouver des solutions », affirme celui qui dirige l’AFC depuis 2018.

Samaila Zubairu parle d’une « Finnovation » au profit des infrastructures pour un développement du continent.

Tour à tour, le vice-président du Nigeria, Yemi Osinbajo, représentant le président Muhamadu Buhari, et le président ghanéen Nana Akudo Dankwa Addo, lors de deux panels distincts, ont exprimé leur point de vue pour la recherche de solutions pour les infrastructures en Afrique.

Le vice-président nigérian Yemi Osinbajo lors de son intervention

« Nous avons besoin d’avoir accès à l’énergie; l’accès à l’énergie juste pour pouvoir survivre et créer une industrie pour les millions de personnes qui naissent chaque jour dans cette partie du monde », a fait savoir Yemi Osinbajo. « Nos défis sont différents, et l’Afrique a un défi existentiel », martèle le vice-président du Nigéria.

Ce dernier estime que le continent a besoin des énergies pas forcément renouvelables pour soutenir son industrie — prenant le contre-pied des nouvelles normes au niveau international. D’ailleurs, insiste-t-il, « personne n’a réussi à développer son industrie en utilisant les énergies renouvelables. On a besoin d’une industrie basée sur le gaz. (…) Nous sommes dans une position différente du reste du monde ».

Pour sa part, le président ghanéen n’a pas manqué de dénoncer ce qu’il qualifie d’ « injustice » et de « discrimination » dont seraient victimes les Etats africains sur le marché international de la dette. Ainsi, Nana Akufo Addoh donne l’exemple de l’Argentine qui, malgré ses défauts de paiements, a pu bénéficier de la confiance des investisseurs pour de nouveaux financements en cas de besoin, « alors qu’un pays comme l’Angola, qui n’a pas fait de défaut depuis la fin de la guerre civile, n’avait pas réussi, au même moment, à obtenir ce qu’il voulait ».

Le président ghanéen Nana Akufo-Addoh, ce jeudi 12 mai à Abuja

« Nous ne pouvons pas dépendre de l’extérieur pour financer notre développement », a-t-il dit, avant d’ajouter : « personne ne viendra de l’extérieur faire le développement à notre place. Il faut que nous soyons prêts à le faire. Les autres l’ont fait, et c’est ce qui me convainc de dire qu’on peut le faire aussi si nous voulons ».

Cadre de dialogue

Ce sommet se veut un cadre de dialogue entre les décideurs, les financiers de premier plan et les investisseurs établis. Selon les organisateurs, l’accent sera mis sur la négociation d’accords et la stimulation des investissements dans les États membres de l’AFC.

Parmi les conférenciers attendus le long de cette journée de travaux — et dont certains interviennent déjà — figurent Olusegun Obasanjo, l’ancien président nigérian ; Nicolas Kazadi, ministre des Finances de la RDC; Tony Elumelu, président du groupe UBA; Admassu Tadesse, président de la Trade and Development Bank (TDB); Benedict Oramah, président de la Banque africaine d’import-export (freximbank) ; Tanguy Gahouma, le négociateur en chef du groupe Afrique à la COP26, et l’Economiste bissau-guinéen Carlos Lopes.

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