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Nigeria : l’amélioration de la note souveraine ne met pas fin aux pressions inflationnistes

S&P Global Ratings a révisé ses perspectives économiques pour le Nigeria, relevant sa prévision d’inflation moyenne pour 2026 à 16,9 %, contre 15,0 % auparavant, tout en abaissant sa prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) à 3,7 %, contre 4,0 % attendus précédemment. Les coûts de l’énergie alimentent les tensions sur les prix…

Lagos, capitale économique du Nigeria. © DR

S&P Global Ratings a révisé ses perspectives économiques pour le Nigeria, relevant sa prévision d’inflation moyenne pour 2026 à 16,9 %, contre 15,0 % auparavant, tout en abaissant sa prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) à 3,7 %, contre 4,0 % attendus précédemment.

Les coûts de l’énergie alimentent les tensions sur les prix

Selon S&P, la hausse persistante des prix de l’énergie constitue le principal facteur de cette révision. Malgré la mise en service de la raffinerie de Dangote, les prix des carburants au Nigeria demeurent largement indexés sur les cours internationaux depuis la réforme du marché pétrolier, marquée par la réduction progressive des subventions. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuent ainsi de se répercuter sur les coûts du transport et de l’énergie, alimentant les pressions inflationnistes.

L’agence estime également que ces hausses devraient se diffuser aux prix alimentaires, sous l’effet de l’augmentation des coûts logistiques et des engrais, pesant davantage sur le pouvoir d’achat des ménages. La consommation privée, principal moteur de l’économie nigériane, devrait ainsi ralentir, expliquant la révision à la baisse des perspectives de croissance.

Des taux élevés plus longtemps malgré une meilleure notation

Dans ce contexte, S&P prévoit que la Banque centrale du Nigeria maintiendra son taux directeur à 26 % jusqu’à la fin de 2026, signe que les autorités monétaires devraient privilégier la lutte contre l’inflation avant tout assouplissement de leur politique.

Cette analyse intervient alors que l’inflation annuelle a atteint 15,93 % en mai 2026, marquant un troisième mois consécutif de hausse, tandis que le PIB a progressé de 3,89 % au premier trimestre, contre 3,13 % un an plus tôt.

Le contraste entre une amélioration du profil de crédit du pays, S&P ayant relevé en mai la note souveraine du Nigeria de « B- » à « B », et la persistance de fortes tensions sur les prix illustre le principal défi macroéconomique auquel reste confrontée la première économie d’Afrique : restaurer durablement la stabilité des prix sans compromettre la dynamique de croissance.

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