La Banque centrale du Nigeria (CBN) a dévoilé trois nouveaux instruments financiers destinés à renforcer la gestion des liquidités et à approfondir le marché de la finance islamique dans le pays. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de la banque faîtière, visant à renforcer l’adoption et l’efficacité opérationnelle des instruments bancaires sans intérêt à travers l’ensemble du système financier national, selon une circulaire datée du 23 mai 2025, signée par Okey Umeano, directeur par intérim du département des marchés financiers.
Les trois instruments clés introduits par la CBN sont l’accord-cadre de rachat des institutions financières sans intérêt (NNMRA), qui encadre les opérations de pension conformes aux principes de la charia ; les titres adossés à des actifs sans intérêt (CNI-ABS), conçus pour aider les banques islamiques à gérer leurs excédents de liquidité ; et les billets de non-intérêt (CNIN), destinés à absorber l’excès de liquidités.
Ces outils devraient normaliser les pratiques du marché, encourager une plus large participation et aligner les offres de finance islamique du Nigeria sur les meilleures pratiques mondiales, souligne la CBN.
Seules les institutions financières opérant selon les principes islamiques, ainsi que les banques conventionnelles disposant de guichets islamiques, sont éligibles à ces instruments, dans le cadre d’une initiative visant à aligner la finance islamique nigériane sur les normes internationales tout en favorisant un marché plus inclusif et diversifié.
Un marché islamique en pleine croissance
Le marché de la finance islamique au Nigeria connaît une forte croissance, avec une taille estimée à 3,8 milliards USD fin 2023. Les actifs bancaires islamiques représentent environ 2,9 milliards USD, tandis que les sukuk totalisent 2,3 milliards USD. La même année, les dépôts dans les banques islamiques ont augmenté de 92,5 %, atteignant près de 1,3 milliard USD, et les prêts ont progressé de 60,7 %.
Le secteur est dominé par quatre banques islamiques principales, complétées par des guichets islamiques au sein de banques conventionnelles. Soutenu par des réformes réglementaires et des émissions de sukuk, ce marché devrait poursuivre sa croissance et favoriser une meilleure inclusion financière conforme aux principes de la charia.



