Vendredi 18 septembre 2026

Accès Premium FR · EN

Finance africaine — depuis 2013

, ,

Mauritanie: spéculations sur le successeur du président Aziz

A en croire la dernière livraison du magazine Mauritanies1, le successeur du président Mohamed Abdel Aziz est connu. Il s’agit du général de division Mohamed Ould Ghazouani, « artisan de la transformation et de la modernisation de l’institution militaire en Mauritanie ». Originaire de l’Est mauritanien et issu d’une lignée maraboutique, ce personnage populaire est « connu pour…

La Une qui fait le buzz en ce moment dans les salons de Nouakchott.

A en croire la dernière livraison du magazine Mauritanies1, le successeur du président Mohamed Abdel Aziz est connu.

Il s’agit du général de division Mohamed Ould Ghazouani, « artisan de la transformation et de la modernisation de l’institution militaire en Mauritanie ». Originaire de l’Est mauritanien et issu d’une lignée maraboutique, ce personnage populaire est « connu pour sa discrétion et sa  fidélité au chef », poursuit le journal.

Si ce pronostic s’avérait, « Ould Ghazouani sera tout sauf un Medvedev », susurre-t-on.  « La Mauritanie vivra en fait une alternance avec, il faut le dire, une armée qui veille au grain ». Sans ériger cette probable succession en certitude absolue, le mensuel d’informations politiques et généralistes rappelle le nom d’autres prétendants au fauteuil suprême  dont Cheikh Ould Baya, actuel maire de la ville minière de Zouératt. Réputé proche du président Aziz, ce colonel à la retraite, qui a souvent accueilli le Raïs dans son ranch, n’aurait pas tous les feux verts requis.  

En dehors de l’armée, l’opposition, regroupée dans  le Front national pour la démocratie et l’unité (FNDU), s’est résolu non sans réserves, à participer au scrutin. Sans trop d’illusions tant les jeux semblent faits d’avance. « Le temps a eu raison de l’ardeur de certaines de ces hautes figures de l’opposition, tant sur le plan de la limite d’âge, inscrite dans la constitution, que sur le moral des militants traditionnels et historiques qui n’y croient plus ».  Le temps a eu surtout raison de la gauche mauritanienne, symbolisée par l’Union des Forces Progressistes (UFP), réduite, à force peut être de boycott, en un parti qui pèse moins que les islamistes de Tawassoul. Peut-être, faudrait-il voir là le glissement de la société mauritanienne, gauchisante dans les années 70 et ultra-conservatrices et islamiste depuis les années 2000.

 

Face à cette nébuleuse d’incertitudes, ce ne sont pas les partis dits-négro-africains, en situation de coma avancé, qui tireront leur épingle du jeu.  Fractionnés en de multiples chefferies irréductibles , ces groupuscules qui défendent une cause pourtant populaire (cohabitation, passif humanitaire), ne constituent  plus d’interlocuteurs  face à un pouvoir qui a avec lui le rapport de force.   Jusque-là vu comme le seul parti anti-système, pouvant mettre son grain de sable dans l’attelage successoral, le mouvement anti-esclavagiste IRA de  Birame Ould Abeid semble s’être fait hara kiri en rendant public son alliance avec le parti Sawab d’obédience baathiste, défenseur de la thèse d’une Mauritanie exclusivement arabe.

En dehors du président et de son opposition radicale, une autre voie de succession est encore du domaine du possible. L’homme d’affaires et opposant Mohamed Ould Bouamatou, ne sera pas candidat mais pourra bien susciter des vocations.

En clair, l’impossibilité juridique du président actuel de s’aligner sur la ligne de départ des candidats, du fait des dispositions constitutionnelles,  limitant à deux (2) les mandats du président de la République,  est une grosse surprise dans un  pays de 3,5 millions d’âmes (dont 1 million détenteur de cartes de militant de l’Union Pour la République (UPR, parti au pouvoir ) ,  qui n’a jamais connu de réelle alternance démocratique.

S’il multiplie les promesses de ne pas se représenter, le président Aziz continue de tolérer cependant certaines déclarations pour le moins ambigües. Ainsi, en conférence de presse organisée le 28 avril dernier, le leader de l’UPR avait déclaré:  « le problème de la candidature du président Mohamed Ould Abdel Aziz pour un troisième mandat ne se pose pas, d’un point de vue constitutionnel, mais si une majorité le réclame, il faut respecter son point de vue. Le fait d’appeler à un troisième mandant n’est pas un crime. Les députés qui formulent cette revendication sont protégés par la loi. La Mauritanie tout entière est attachée à la personne du président Mohamed Ould Abdel Aziz ».
Un discours qui n’a pas eu tout l’écho qu’il aurait mérité au sein de la classe politique et dans les colonnes des  médias publics et privés.

Financial Afrik Premium