Face à la presse, mercredi 21 février 2018 à Nouakchott, une mission de la Banque Mondiale a livré sa lecture du rapport d’analyse de la situation économique mauritanienne sur la période 2016 – 2017, et les perspectives économique à l’horizon 2020.
Selon le représentant résident de la Banque mondiale en Mauritanie, Laurent Mislati, plusieurs facteurs ont largement contribué à l’augmentation de l’endettement, tels que les fluctuations de la valeur de la monnaie locale (l’ouguiya) qui se succèdent depuis 2014, et le recours actif à l’emprunt extérieur pour les investissements publics.
Et de citer en exemple, le cas du prêt de 300 millions de dollars de l’Arabie Saoudite contracte par la banque centrale en 2015 pour contrer la pression provoquée par la chute du cours du fer.
Le document souligne également que le stock de la dette publique a rapidement augmenté sur l’intervalle 2013 – 2016, atteignant 99,1% du PIB en 2016.
Contraction du PIB nominal
L’impact des emprunts extérieurs pour financer l’investissement public dans les infrastructures et couvrir le déficit de la balance des paiements a été aggravé par la dépréciation de l’Ouguiya et la contraction du PIB nominal durant le choc des termes de l’échange.
Le rapport précise également que 96 % de cette dette est en devise étrangère, « ce qui constitue un facteur de vulnérabilité face au risque de change».
De même, poursuit la Banque Mondiale, « la majeure partie de la dette est à des conditions concessionnelles, et les obligations au titre du service de la dette restent gérables à environ 4,3 % des recettes publiques ».
Par ailleurs, la Banque mondiale prévoit une augmentation de la dette publique de la Mauritanie à 88% en 2022, dont 5% d’endettement interne et le reste provenant de prêts concessionnels et non concessionnels.
Diary N’diaye Bâ, Nouakchott



