La République Islamique de Mauritanie et le Fonds monétaire international (FMI) sont parvenus à un accord au niveau des services à l’issue d’une mission conduite par Felix Fischer à Nouakchott du 31 mars au 10 avril 2026, portant sur la sixième et dernière revue du programme soutenu par les facilités élargies de crédit et de financement (ECF/EFF), la cinquième et dernière revue de la facilité de résilience et de durabilité (RSF), ainsi que sur la mise en place d’un nouveau programme de 42 mois.
Dans le détail, la Mauritanie devrait bénéficier, après validation, d’un décaissement de 6,44 millions de DTS (environ 8,8 millions de dollars) au titre des facilités élargies de crédit et de financement (ECF/EFF), ainsi que de 59,44 millions de DTS (environ 81,4 millions de dollars) dans le cadre de la facilité de résilience et de durabilité (RSF). Le nouveau programme prévoit en outre un accès supplémentaire de 64,4 millions de DTS (environ 88,2 millions de dollars, soit 50 % de la quote-part du pays).
Les discussions ont porté sur la sixième et dernière revue du programme ECF/EFF et la cinquième et dernière revue du RSF, marquant la clôture d’un cycle de 42 mois engagé avec le FMI. Selon l’institution, tous les critères quantitatifs à fin décembre 2025 ont été respectés, avec un ajustement budgétaire conforme aux objectifs grâce à une hausse des recettes fiscales et à la maîtrise des dépenses.
Sur le plan macroéconomique, la croissance s’est établie à 4,0 % en 2025, légèrement en dessous des prévisions initiales (4,2 %), et devrait atteindre 4,8 % en 2026, soutenue par les industries extractives. La croissance hors secteur extractif est attendue en ralentissement à 4,4 %, contre 5,1 % en 2025, sous l’effet du contexte international marqué notamment par la guerre au Moyen-Orient. Les autorités ont par ailleurs mis en œuvre des mesures de soutien ciblées, incluant des transferts monétaires à plus de 124 000 ménages vulnérables, afin d’atténuer l’impact des chocs externes tout en préservant l’équilibre budgétaire.
Le FMI recommande désormais d’accélérer plusieurs réformes structurantes, notamment l’inscription de la règle budgétaire dans la loi, une plus grande flexibilité du taux de change, l’opérationnalisation effective de l’autorité anticorruption et la finalisation des textes relatifs aux entreprises publiques et à la zone franche de Nouadhibou. Sur le plan monétaire, la banque centrale est invitée à se tenir prête à relever ses taux en cas de pressions inflationnistes persistantes.
Le nouveau programme négocié vise à consolider la stabilité macroéconomique, renforcer la gouvernance, réduire la pauvreté et soutenir la mise en œuvre du plan national de développement, dans un contexte de besoins de financement accrus liés aux chocs externes. La prochaine étape reste l’approbation formelle du Conseil d’administration du FMI, préalable aux décaissements et au lancement effectif du nouveau cycle de coopération.



