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Maroc: un mystérieux boycott aux relents très politiques

Parti le vendredi 20 avril 2018 des réseaux sociaux sous les hastag #Khalih_Yrib et #Mouqatiâoune, le  boycott qui vise trois grandes marques marocaines a pris de l’ampleur.       Selon le média arabophone « Akhbar Al Yaoum »,  Afriqia, serait en tête des perdants, à raison de 145 millions de centimes de pertes par jour. La société…

Ce boycott sans précédent démontre la puissance de mobilisation des réseaux sociaux.

Parti le vendredi 20 avril 2018 des réseaux sociaux sous les hastag #Khalih_Yrib et #Mouqatiâoune, le  boycott qui vise trois grandes marques marocaines a pris de l’ampleur.      

Selon le média arabophone « Akhbar Al Yaoum »,  Afriqia, serait en tête des perdants, à raison de 145 millions de centimes de pertes par jour. La société de distribution de carburants du milliardaire Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et de la pêche et président du parti RNI (Rassemblement national des indépendants), est particulièrement visé.

Le boycott  cible aussi la marque « Sidi Ali » de l’entreprise « Les Eaux minérales d’Oulmès » du groupe Holmarcom dont est membre Miriam Bensalah, présidente sortante du patronat marocain (CGEM). Autre entreprise visée, Centrale Danone (lait et produits laitiers) qui accuse  15 à 20% de pertes depuis le début de la campagne.

L’affaire a pris une autre tournure avec la sortie du  directeur d’achat du groupe franco-marocain, Adil Benkirane, qui a taxé les boycotteurs de « traîtres de la nation ». Auparavant, le le ministre de l’Economie Mohamed Boussaïd, avait  fustigé l’action de «jeunes écervelés».  Un avis que ne partage pas le ministre de l’emploi et de l’intégration professionnelle, Mohamed Yatim (du parti islamiste PJD), qui a estimé que ce boycott  reflète la force, la volonté et la clairvoyance des Marocains.

 

Dans la classe politique, les avis sont partagés.   « La démocratie marocaine doit être capable de contenir ce genre d’expressions et d’essayer d’y trouver les réponses adéquates. Cela dit, les inégalités sont criardes et il est temps de redonner de la vigueur au modèle démocratique et social de notre pays« , a déclaré Nabil Benabdallah, président du Parti du progrès et du socialisme (PPS), qui soutient ouvertement le boycott.

Le secrétaire général de l’Istiqlal, Nizar Baraka, y voit  «un nouveau moyen utilisé pour porter des revendications sociales », appelant le  gouvernement à «saisir le message».

Pour sa part,Nabila Mounib, secrétaire générale du Parti socialiste unifié (PSU), s’en est également pris à la famille Bensaleh, sans la nommer: « «Il n’est pas possible qu’une famille, qui a fondé le premier parti d’administration au Maroc soit récompensée de la sorte. Cette famille profite des eaux minérales et gazeuses et les revend aux Marocains à des prix exorbitants dans un plastique de mauvaise qualité».  Et d’insister: «Il faudrait mettre fin au monopole des entreprises et ce dans tous les secteurs afin d’avoir une économie compétitive et baisser les prix des produits de grande consommation», a-t-elle ajouté.

D’après Tel Quel, le boycott est initié par les groupes  Wavo, comptant 750.000 fans et Casa Bel Visa (700.000 fans) suivis par une kyrielle d’autres.   Au départ, la raison avancée était simple:  contester contre leur politique de prix élevés. A l’arrivée, les supputations sont nombreuses. Selon un sondage réalisé  par le cabinet Averty, les 28 et 29 avril, sur un échantillon de 1072 personnes, 79,8% des marocains soutiennent le boycott.

De là à passer de Facebook à la rue, il ny a qu’un pas que les initiateurs anonymes de cette campagne sans précédent rêvent de franchir.

 

 

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