Vendredi 18 septembre 2026

Accès Premium FR · EN

Finance africaine — depuis 2013

, ,

Maroc : Qui est Tariq Sijilmassi l’homme de Tessera Capital ?

Au Maroc, Tariq Sijilmassi, ancien président du directoire du groupe Crédit Agricole,  marque son retour à la tête de Tessera Capital, une nouvelle banque d’affaires.  Après plusieurs années de retrait relatif de la scène bancaire, Tariq Sijilmassi signe un retour très commenté avec la création de Tessera Capital, une nouvelle banque d’affaires qui ambitionne de…

Au Maroc, Tariq Sijilmassi, ancien président du directoire du groupe Crédit Agricole,  marque son retour à la tête de Tessera Capital, une nouvelle banque d’affaires. 

Après plusieurs années de retrait relatif de la scène bancaire, Tariq Sijilmassi signe un retour très commenté avec la création de Tessera Capital, une nouvelle banque d’affaires qui ambitionne de s’imposer comme un acteur de référence dans le conseil financier, les opérations de haut de bilan et l’accompagnement stratégique des entreprises et des institutions. L’annonce a été faite par ce dernier ses réseaux. « J’ai le plaisir d’annoncer ma prise de fonction en tant que Directeur des Opérations au sein de TesseraCapital. Tessera Capital est une banque d’affaires indépendante, enregistrée auprès de l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux en tant que Conseiller en Investissement Financier », a expliqué Tariq Sijilmassi dans un post Linkedin. Ancien président du directoire du Crédit Agricole du Maroc, Sijilmassi fait partie de cette génération de banquiers marocains qui ont accompagné et parfois redéfini les grands équilibres du système financier national.
Né le 1er décembre 1963 à Rabat,
Tariq Sijilmassigrandit dans un environnement profondément marqué par l’international, au gré des affectations diplomatiques de son père à Alger, Moscou et Copenhague. Cette exposition précoce aux réalités géopolitiques et culturelles forge une ouverture d’esprit qui accompagnera toute sa trajectoire professionnelle. Après un baccalauréat scientifique en 1981, il intègre les classes préparatoires du lycée Sainte-Geneviève à Versailles, avant d’être admis à HEC Paris. Recruté dès 1986 par la Banque Commerciale du Maroc, avant même l’obtention de son diplôme, il y occupe pendant six ans le poste de directeur délégué en charge des grands groupes industriels, au cœur du financement de l’économie réelle.

Après une parenthèse de huit années à la tête d’un groupe industriel, qui lui permet d’appréhender l’entreprise de l’intérieur, il rejoint le Crédit Agricole du Maroc, où il conduira une phase clé de restructuration et de modernisation en tant que président du directoire, œuvrant à la réhabilitation de l’institution et à la consolidation de son rôle stratégique. Aujourd’hui, son retour très commenté à la tête de Tessera Capital intervient dans un contexte marqué par une recomposition profonde du paysage bancaire, une montée en puissance de la finance d’investissement et une demande accrue d’expertise indépendante.

 Un parcours d’élite au cœur de la finance marocaine

 En tant que président du directoire, Sijilmassia piloté l’un des groupes bancaires les plus importants du pays, à la croisée des impératifs économiques, sociaux et politiques. Sous sa direction, le CAM a poursuivi sa modernisation, renforcé ses mécanismes de gouvernance et élargi ses champs d’intervention. Il a surtout incarné une certaine idée de la banque publique-commerciale : un acteur financier devant concilier performance, stabilité et mission de développement. Contrairement à d’autres dirigeants très médiatisés, Tariq Sijilmassi a toujours cultivé une discrétion assumée. Cette discrétion ne signifie pas absence d’influence. Bien au contraire. « Dans les milieux financiers, son nom est associé à une capacité de lecture fine des équilibres macroéconomiques, à une maîtrise des dossiers complexes et à unenapproche prudente mais stratégique du risque », nous a confié une source au sein des économistes du parti de l’Istiqlal. 

 

Tessera Capital : le choix de l’indépendance

Tessera Capital se positionne sur le conseil stratégique, les fusions-acquisitions, les levées de fonds, la restructuration financière et l’accompagnement des grands projets. « J’ai créé Tessera Capital parce que je crois profondément dans notre pays et dans la mission que nous portons. Le Maroc traverse une période déterminante et enthousiasmante, et je suis convaincu que beaucoup d’entreprises peuvent mieux tirer parti de cette mutation lorsqu’elles sont accompagnées de manière juste, humaine et réellement utile. Après de longues années passées sur le terrain, j’ai compris que les situations complexes ne se résolvent jamais uniquement avec des modèles financiers. Elles demandent de l’écoute, de la lucidité et un regard capable de saisir ce qui se joue derrière les chiffres. Souvent, la solution repose autant sur l’humain que sur l’analyse. », explique-t-il. « La société « TESSERA CAPITAL S.A», dont le siège social est sis à 9, Angle avenue Al Oued et rue Midelt – Rabat, a été enregistrée auprès de l’AMMC en date du 26 décembre 2025, sous le numéro d’enregistrement DE-CIF-05-25, en vue d’exercer les activités de conseil en investissement financier relevant de la catégorie n°2 prévues à l’article 2 de la circulaire de l’AMMC n°01/20 relative aux Conseillers en investissement financier », Lit-on sur le site de l’AMMC.

Encadré

Un secteur de niche

Selon une note du Conseil marocain de la Concurrence, le secteur des banques d’affaires indépendantes au Maroc connaît une croissance soutenue depuis les années 2010, représentant environ 15 à 20% des transactions M&A totales (estimées à 25 milliards MAD en 2024), dans un marché bancaire dominé par les géants oligopolistiques comme Attijariwafa Bank (35% de parts de marché) et BMCE Capital. Ces acteurs indépendants, au nombre de 5 à 10 significatifs, se distinguent par leur agilité et leur spécialisation dans des niches à haute valeur ajoutée telles que le conseil en fusions-acquisitions, la levée de fonds pour PME/ETI, la gestion d’actifs pour les UHNWI ((High Net Worth Individuals))  et les opérations panafricaines. Aujourd’hui. « la dynamique sectorielle bénéficie d’un contexte favorable : privatisation accélérée des entreprises publiques, afflux d’IDE chinois (+30% en 2025, notamment dans l’énergie verte et les infrastructures) et une classe aisée en expansion rapide (hausse de 12% des fortunes supérieures à 10 M MAD). Cependant, le secteur fait face à une réglementation stricte de Bank Al-Maghrib(Bâle III renforcé, contrôle consolidé des groupes), un retard en fintech face aux pure players régionaux, et une volatilité macroéconomique (inflation 2-3%, dépendance exportations UE). Avec un ROE moyen de 15% et une croissance annuelle de +12% (2020-2025), les indépendants captent des opportunités là où les filiales des grands groupes peinent par leur bureaucratie », nous confie une source chez Saham Bank. Parmi les principaux acteurs, Atlas Capital se positionne comme la première banque d’investissement indépendante au Maroc, fondée pour servir entrepreneurs et familles patrimoniales avec une offre complète en Corporate Finance, brokerage titres, private equity et immobilier. Spécialiste des deals transfrontaliers, elle excelle dans les introductions en bourse (notamment sur la Bourse de Casablanca) et les financements structurés pour l’Afrique de l’Ouest, revendiquant une part croissante des opérations mid-cap. Upline Group, quant à lui, domine le créneau M&A immobilier et industriel, avec une expertise reconnue dans les cessions d’entreprises familiales et les joint-ventures sino-marocaines (énergie solaire, chantiers navals Casablanca). SAGFI, pionnière depuis 1994, se focalise sur le conseil en financement structuré et la gestion d’actifs, servant une clientèle institutionnelle et HNWIs avec une approche sur mesure. Ces trois leaders indépendants totalisent environ 60% des deals.

Financial Afrik Premium