L’élection de Sonia Mezzour à la présidence de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX), le 23 juin à Casablanca, n’a pas marqué la fin d’un cycle dans un climat de consensus. Bien au contraire. L’absence très remarquée du président sortant, Hassan Sentissi El Idrissi, a éclipsé le scrutin et révélé les profondes divergences qui traversent l’organisation patronale.
Élue avec 102 voix sur les 293 suffrages exprimés, Sonia Mezzour, par ailleurs sœur du ministre de l’industrie et du commerce Ryad Mezzour et fille de Mhammed Mezzour, un des administrateurs (désormais démissionnaire) de l’Asmex S ‘est imposée devant Abdelaziz Mantrach (99 voix) et Adil Zaidi (92 voix). Si la victoire est nette, elle ne s’est pas accompagnée de l’onction du dirigeant qui a présidé aux destinées de l’ASMEX pendant treize ans.
Joint par Financial Afrik, Hassan Sentissi affirme avoir définitivement tourné la page. « Avec le sentiment d’avoir accompli ma mission. Lorsque j’ai pris les rênes de l’ASMEX en 2013, j’ai hérité d’une association mourante. Aujourd’hui, elle est plus visible que la CGEM », affirme-t-il.
Son absence à l’assemblée générale élective n’était pas fortuite. Elle relevait d’un choix assumé. « Les trois candidats ne sont pas des exportateurs. Il s’agit d’une violation des statuts de l’ASMEX. Dès lors, je ne pouvais pas être présent », explique-t-il. Avant l’assemblée, il avait d’ailleurs adressé une lettre destinée aux membres, dans laquelle il exposait sa position.
Dans un souci d’apaisement, l’assemblée générale lui a décerné le titre de Président d’honneur. Une distinction qu’il décline sans détour. « Je n’en voulais pas, je n’en veux pas », tranche celui qui rappelle avoir consacré treize années à l’association « à ses frais », multipliant les déplacements et les réceptions sans rechercher de contrepartie.
Pour autant, l’industriel assure ne pas vouloir prolonger la polémique. Selon les informations de Financial Afrik, il prépare désormais un nouveau défi industriel : le lancement sur le marché marocain d’un véhicule électrique développé en partenariat avec un constructeur asiatique.
De son côté, Sonia Mezzour entend inscrire son mandat dans la continuité tout en imprimant sa marque. Vice-présidente sortante de l’ASMEX et présidente de la Commission Financement, Assurance et Veille, elle défend une stratégie axée sur l’accompagnement des exportateurs, l’amélioration de l’accès au financement, la couverture des risques, l’intelligence économique et le développement de nouveaux marchés.
Banquière d’affaires, directrice générale d’Oversee, banque d’affaires agréée par l’Autorité marocaine du marché des capitaux, Sonia Mezzour cumule près de trente années d’expérience dans la finance, l’investissement, l’énergie et le commerce international. Elle siège également comme vice-présidente de la Commission mondiale Énergie & Environnement de la Chambre de commerce internationale et administratrice de la Chambre de commerce internationale Maroc.
Son élection ouvre une nouvelle page pour l’ASMEX. Mais les réserves exprimées publiquement par Hassan Sentissi rappellent que la transition ne fait pas encore l’unanimité. Derrière le changement de gouvernance se dessine désormais un débat plus profond : celui des critères de représentativité et du respect des statuts d’une organisation appelée à porter la voix des exportateurs marocains.



