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Maroc : le Groupe bancaire BCP fait progresser son résultat net

Dans un environnement mondial encore traversé par des incertitudes géopolitiques et monétaires, le Groupe Banque Centrale Populaire (BCP) signe un exercice 2025 solide. Sans euphorie excessive, mais avec constance. La trajectoire est claire : croissance organique, discipline des coûts et diversification des revenus. Le produit net bancaire consolidé s’établit à 27 milliards de dirhams, en…

Dans un environnement mondial encore traversé par des incertitudes géopolitiques et monétaires, le Groupe Banque Centrale Populaire (BCP) signe un exercice 2025 solide. Sans euphorie excessive, mais avec constance. La trajectoire est claire : croissance organique, discipline des coûts et diversification des revenus.

Le produit net bancaire consolidé s’établit à 27 milliards de dirhams, en progression de 5,4 %. Une performance portée d’abord par le cœur du métier bancaire — marges d’intérêts et commissions — qui croît de 6,1 % pour atteindre 19,9 milliards de dirhams. Les activités de marché, plus volatiles par nature, contribuent également à la dynamique avec une hausse de 3 % à 6,1 milliards de dirhams.

Mais c’est au niveau du résultat que le signal est le plus intéressant. Le résultat net consolidé progresse de 13,2 % à 5,6 milliards de dirhams. Une amélioration plus rapide que celle du PNB, traduisant un effet levier opérationnel maîtrisé. Le résultat net part du groupe (RNPG) atteint 4,5 milliards de dirhams, en hausse de 8,6 %, confirmant la capacité du groupe à générer de la valeur pour ses actionnaires dans un cycle encore prudent.

Côté bilan, la machine reste bien alimentée. Les ressources consolidées progressent de 5,9 % à 411,9 milliards de dirhams, signe d’une base de dépôts robuste. Les crédits à la clientèle augmentent plus modérément (+3,1 % à 329,9 milliards de dirhams), reflétant une stratégie de croissance mesurée dans un contexte de vigilance accrue sur le risque.

Sur le marché domestique marocain, la BCP consolide ses positions. Les dépôts progressent de 4,6 % à 327,8 milliards de dirhams, soutenus par l’ensemble des segments, notamment les Marocains du Monde et les entreprises. Les crédits, en hausse de 1,1 %, sont tirés par les financements aux entreprises et les crédits à l’équipement, confirmant un recentrage sur l’investissement productif plutôt que sur la consommation pure.

L’autre indicateur clé réside dans la discipline des coûts. Les frais généraux n’augmentent que de 4,2 %, à 12 milliards de dirhams. Résultat : le coefficient d’exploitation s’améliore légèrement à 44,6 %, en baisse de 0,5 point. Dans un secteur où la pression technologique renchérit les investissements, cette maîtrise traduit une gestion fine des charges structurelles.

La diversification géographique devient un pilier stratégique assumé. Les filiales au Maroc et à l’international contribuent désormais à près de 45 % du PNB consolidé. L’intégration d’AMIFA dans le périmètre et la stabilisation des revenus à l’international renforcent cette architecture multipolaire, moins dépendante du seul marché domestique.

Sur le digital, le groupe accélère sans tapage. Pocket Bank compte désormais 2,8 millions de clients pour plus de 208,6 millions de connexions. Au-delà du chiffre, c’est un indicateur de transformation des usages et de réduction progressive des coûts de distribution.

Autre signal rassurant : la gestion du risque. Le coût du risque recule de 13,5 % à 5,4 milliards de dirhams, grâce à un effort soutenu de recouvrement. Parallèlement, la provision pour risques généraux est renforcée à 7,9 milliards de dirhams contre 6,1 milliards un an plus tôt. Une combinaison prudente : amélioration conjoncturelle, mais renforcement du coussin défensif.

Pour 2026, la feuille de route reste cohérente : croissance organique du PNB, amélioration progressive de la rentabilité, expansion internationale ciblée et accélération digitale. Dans un Maroc porté par les secteurs non agricoles et une campagne agricole mieux orientée, la BCP apparaît positionnée comme un acteur de stabilité plutôt que de prise de risque excessive.

En clair, 2025 n’est pas l’année de la flamboyance. C’est celle de la consolidation méthodique. Et dans le cycle actuel, c’est peut-être la stratégie la plus payante.

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