Le groupe Holmarcom franchit un cap décisif dans le secteur bancaire marocain. En prenant le contrôle de la BMCI, détenue jusqu’ici majoritairement par BNP Paribas, le conglomérat marocain amorce une recomposition majeure du paysage financier national, avec en ligne de mire une fusion avec Crédit du Maroc.
C’est une opération structurante qui pourrait redessiner en profondeur le secteur bancaire marocain. Holmarcom Finance Company (HFC) a officiellement conclu un accord avec BNP Paribas pour l’acquisition de 67% du capital de la Banque marocaine pour le commerce et l’industrie (BMCI). Cette transaction, dont la finalisation est attendue au quatrième trimestre 2026 sous réserve des autorisations réglementaires, marque un tournant stratégique majeur pour le groupe marocain dirigé par la famille Bensalah.
Au-delà du simple changement d’actionnariat, cette opération s’inscrit dans une dynamique plus large de recomposition du capital bancaire au Maroc, caractérisée par le désengagement progressif des groupes européens au profit d’acteurs nationaux. BNP Paribas, présent depuis plusieurs décennies dans le Royaume, entend ainsi recentrer ses activités tout en maintenant une présence via ses métiers spécialisés.
Pour Holmarcom, déjà propriétaire de Crédit du Maroc depuis 2022, cette acquisition ouvre la voie à la constitution d’un groupe bancaire de premier plan. L’ambition affichée est claire : rapprocher, puis potentiellement fusionner, la BMCI et Crédit du Maroc afin de créer un acteur plus solide, capable de rivaliser avec les grandes banques marocaines. Une telle opération permettrait de capitaliser sur la complémentarité des deux établissements.
Les synergies attendues sont multiples. Elles concernent notamment l’optimisation des coûts, l’amélioration de la rentabilité, ainsi que le renforcement de la capacité de financement de l’économie nationale. Un tel rapprochement pourrait propulser le nouvel ensemble parmi les principales banques du Royaume.
Toutefois, la mise en œuvre d’une fusion ne sera ni immédiate ni sans défis. Les enjeux d’intégration des systèmes d’information, d’harmonisation des cultures d’entreprise et de gestion des ressources humaines nécessiteront une approche progressive et maîtrisée. Les autorités de régulation devraient également jouer un rôle déterminant dans l’encadrement de cette consolidation.
Au final, cette opération illustre une tendance lourde : celle de la montée en puissance du capital marocain dans les secteurs stratégiques. En consolidant ses actifs bancaires, Holmarcom participe à la construction d’un pôle financier national capable d’accompagner les ambitions économiques du Royaume, en Afrique et au-delà.



