Le recentrage africain des investissements d’Anas Sefrioui se précise. Avec la cession de sa dernière cimenterie en France, l’homme d’affaires marocain tourne progressivement la page européenne pour renforcer son ancrage sur le continent africain. Cette opération marque une nouvelle étape dans la stratégie de développement de Ciments de l’Afrique (CIMAF), devenu au fil des années l’un des principaux acteurs du ciment en Afrique subsaharienne.
Ce repositionnement stratégique intervient dans un contexte où le marché européen du ciment fait face à des contraintes de plus en plus lourdes. Entre pression énergétique, durcissement des normes environnementales et ralentissement économique, le secteur doit composer avec une rentabilité plus faible et des investissements industriels plus coûteux. Pour plusieurs groupes, l’Afrique apparaît désormais comme une zone de croissance plus dynamique.
À l’inverse, les marchés africains continuent d’afficher une forte demande en matériaux de construction. La croissance démographique, l’urbanisation rapide et la multiplication des projets d’infrastructures soutiennent les besoins en ciment dans plusieurs pays du continent. Routes, logements, ports, zones industrielles ou encore projets énergétiques alimentent une demande structurelle appelée à se maintenir sur le long terme.
C’est dans cette dynamique que CIMAF poursuit son expansion. Déjà implanté dans de nombreux pays africains, le groupe marocain renforce progressivement sa présence industrielle et logistique afin de consolider ses parts de marché. Cette stratégie repose sur une logique de proximité avec les marchés locaux, mais aussi sur la volonté de s’imposer comme un acteur africain capable de répondre aux besoins croissants du continent.
Au-delà de la dimension industrielle, cette réorientation illustre également la montée en puissance des groupes marocains en Afrique. Depuis plusieurs années, banques, télécoms, assurances et industries multiplient leurs investissements au sud du Sahara. Le ciment s’inscrit désormais dans cette dynamique de projection économique marocaine vers le continent.
À travers cette stratégie, Anas Sefrioui confirme une lecture de long terme : l’Afrique représente aujourd’hui l’un des principaux relais de croissance mondiale pour les industries liées aux infrastructures et à l’urbanisation. Un positionnement qui pourrait permettre à CIMAF de consolider davantage son rôle dans le paysage industriel africain.


