Le Trésor public malien continue de trouver preneur sur le marché régional. À l’issue d’une émission simultanée de bons assimilables du Trésor (BAT) à 364 jours et d’obligations assimilables du Trésor (OAT) à 3 et 5 ans organisée ce mercredi 4 mars 2026 sur le marché des titres publics de l’UMOA, Bamako a levé 33 milliards de FCFA, dans un contexte de forte appétence des investisseurs.
L’opération visait initialement 30 milliards de FCFA, mais la demande s’est révélée nettement supérieure. Les investisseurs ont soumis 115,6 milliards de FCFA, soit un taux de couverture spectaculaire de 385,45 %. Une performance qui confirme que, malgré un environnement budgétaire exigeant et un contexte régional encore marqué par les tensions sécuritaires, la signature malienne continue d’attirer la liquidité disponible dans l’Union.
Comme souvent sur le marché régional, le Trésor a procédé à une sélection serrée des offres. Sur les 115,6 milliards proposés, seulement 33 milliards de FCFA ont été retenus, tandis que 82,6 milliards ont été écartés. Le taux d’absorption ressort ainsi à 28,54 %, illustrant une stratégie de financement mesurée visant à contenir le coût de la dette.
Côté rendements, les investisseurs ont exigé des niveaux différenciés selon la maturité. Le rendement moyen pondéré des BAT à 364 jours s’établit à 6,65 %, tandis que les OAT à 3 ans affichent 8,51 % et celles à 5 ans 7,68 %. Des niveaux qui traduisent encore une prime de risque sur les maturités intermédiaires, dans un marché régional où les États arbitrent constamment entre coût de financement et durée de la dette.
Les BAT seront remboursés le 3 mars 2027, avec un paiement des intérêts effectué d’avance et précompté sur la valeur nominale du titre, fixée à 1 million de FCFA. Les OAT, quant à elles, seront remboursées à échéance : le 5 mars 2029 pour les titres à 3 ans et le 5 mars 2031 pour ceux à 5 ans. Les coupons seront servis annuellement, au taux de 6,00 % pour les OAT 3 ans et 6,20 % pour les OAT 5 ans, à partir de la fin de la première année.
Depuis le début de l’année, le Mali a déjà mobilisé 198 milliards de FCFA sur le marché des titres publics de l’UMOA, soit 6,14 % du volume total levé par l’ensemble des États de l’Union. En parallèle, Bamako poursuit l’amortissement de sa dette : 257 milliards de FCFA de capital ont été remboursés depuis janvier, auxquels s’ajoutent 32 milliards de FCFA d’intérêts servis aux investisseurs.
Au-delà des chiffres, cette adjudication illustre une réalité devenue structurelle : le marché régional de la dette est désormais le premier guichet de financement des États de l’UEMOA, permettant aux Trésors nationaux de capter l’épargne bancaire et institutionnelle de la zone tout en limitant leur exposition aux marchés internationaux. Pour Bamako, comme pour nombre de capitales ouest-africaines, la bataille budgétaire se joue désormais à Abidjan, sur la plateforme d’adjudication régionale



