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Mali–Sénégal : plus de 1 500 conteneurs maliens bloqués au Port de Dakar, l’addition logistique s’alourdit

À la date du 7 novembre 2025, 1 526 conteneurs maliens étaient en souffrance au Port autonome de Dakar, selon des informations publiées par Maliweb.net. Leur évacuation vers le Mali est paralysée par l’application stricte, par les autorités maliennes, de l’interdiction des camions gros porteurs hors normes et hors gabarit, en conformité avec le règlement…

À la date du 7 novembre 2025, 1 526 conteneurs maliens étaient en souffrance au Port autonome de Dakar, selon des informations publiées par Maliweb.net. Leur évacuation vers le Mali est paralysée par l’application stricte, par les autorités maliennes, de l’interdiction des camions gros porteurs hors normes et hors gabarit, en conformité avec le règlement n°14/2005/CM/UEMOA sur les charges à l’essieu enré en vigueur le 1er août 2025 dans plusieurs pays. Cette interdiction est entrée en vigueur le 1er avril 2025, conformément à la décision des autorités de Bamako. Informé officiellement, le Ministère sénégalais des Infrastructures, des Transports Terrestres et Aériens (MITTA) avait rappelé cette mesure dans sa lettre d’information n°0154/MITTA/SG/DGIRD/DRSIR/ASND du 19 mars 2025, avertissant les transporteurs de la fin imminente de l’usage des camions hors gabarit vers le Mali.

Malgré ces notifications, plusieurs véhicules non conformes, opérant entre Dakar et Bamako, se sont retrouvés immobilisés aux frontières ou sur le territoire malien. Face aux perturbations sur le corridor, les autorités maliennes ont accordé, par instruction interministérielle n°0001/MTI-MEF-SG du 28 avril 2025, un délai exceptionnel de 15 jours — du 29 avril au 13 mai 2025, sous escorte douanière — afin de permettre l’évacuation des marchandises déjà chargées. Ce moratoire a pris fin sans que les opérateurs n’aient pu adapter suffisamment leur flotte. Depuis, les conteneurs s’accumulent au port de Dakar et les coûts explosent. La franchise moyenne est de 7 à 10 jours, au-delà de laquelle s’appliquent les frais de magasinage et surestaries. Selon les barèmes usuels :

  • 20 pieds : 18 500 à 20 000 FCFA/jour
  • 40 pieds : 35 000 à 40 000 FCFA/jour

Avec 1 526 conteneurs immobilisés, la charge quotidienne avoisine 30 millions de FCFA, soit près de 900 millions de FCFA par mois, uniquement en surestaries. En incluant le magasinage, les manutentions répétées et les frais administratifs, l’estimation avancée par plusieurs opérateurs maliens — plusieurs milliards de FCFA cumulés — apparaît fondée. À ce jour, les opérateurs maliens accusent déjà plus de 700 millions de FCFA de dettes envers le port pour le seul magasinage.

Une mission technique et institutionnelle malienne — conduite par le ministère des Transports et des Infrastructures, les Douanes, la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), le Conseil malien des chargeurs (CMC) et le Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR) — est attendue à Dakar en novembre afin de convenir de mesures transitoires et d’accélérer la mise aux normes du parc roulant.

Cette crise, née d’un alignement réglementaire justifié sur les standards UEMOA mais mal anticipée logistiquement, rappelle la vulnérabilité du corridor Dakar–Bamako, qui concentre plus de 70 % du transit conteneurisé du Mali. Elle réactive aussi le débat stratégique sur la diversification des accès maritimes du pays enclavé — notamment via Abidjan, Conakry ou Nouakchott — face au risque de congestion ou de rupture logistique sur le corridor historique sénégalo-malien.

En attendant une solution concertée, les cargaisons demeurent à quai, la facture s’alourdit, et le commerce transfrontalier entre Dakar et Bamako s’étiole — reflet d’un ajustement réglementaire nécessaire mais insuffisamment synchronisé avec les réalités opérationnelles du terrain.

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