Moins d’une semaine après l’annonce surprise de la fin de son exil à Dakar, l’ancien président malien, Amadou Toumani Touré, est accueilli le 24 décembre à Bamako par une foule en liesse.
Le président IBK, pendant longtemps réceptif à l’option d’un éventuel jugement de son prédécesseur pour «trahison nationale», était au pied de l’avion qu’il a lui même dépêché dare-dare à Dakar. Pour ramener… son désormais allié? L’énigme entourant le dossier est épais.
L’option du retour décidé en coordination avec le président sénégalais, Macky Sall, lequel a reçu des hommages mérités vis-à-vis d’ATT, sous les flash des photographes et des caméras, est destiné, semble-t-il, à éviter une éventuelle récupération de celui que l’on surnomme «le père de la démocratie malienne» par l’un des opposants déclarés aux présidentielles prévues dans moins de 6 mois.
En vue de cette échéance, la guerre de positions a commencé. Ainsi, le colonel Moussa Sinko Coulibaly, proche du putchiste Amadou Haya Sanogo, tombeur d’ATT, en détention, a claqué la porte suivi par Mamadou I Konaté, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, et allongeant une longue liste ouverte depuis 2014 par l’ancien premier ministre Oumar Tatam Ly, lequel avait démissionné avec des mots assez durs à l’endroit du régime naissant du locataire du palais de Koulouba.
En dépit des nombreux appels au sein du Rassemblement pour le Mali (RPM), parti au pouvoir, l’enjoignant à renoncer à un second mandat, l’actuel président, fait planer un faux suspens tout en multipliant des initiatives à caractère électoral comme cette visite dans le cercle de Sikasso (22-24 novembre) au coeur de la CMDT (Compagnie malienne des textiles), considérée comme l’un des greniers électoraux du pays. IBK s’est fait apostrophé directement par le maire de Sikassou, Kalifa Sanogo: « Nous comprenons que la bousculade dans votre calendrier, souvent par des rendez-vous imprévus mais hautement sensibles, ne vous a pas permis d’être parmi nous plus tôt », a dit le maire dans son discours teinté de reproches.Réponse d’un président IBK piqué au vif: « Kalfa, tu es mon frère. Je ne suis pas un ingrat… « .
Elu en 2013 pour redresser la situation sécuritaire du pays, le président Ibrahima Boubacar Keita sera resté cinq ans sans fouler le sol de Kidal, ville symbole du séparatisme Azawad. Arrivera-t-il à organiser aux dates prévues les élections locales, régionales et les présidentielles?


